Il vole déjà vers de beaux horizons le Flying Phantom ! À peine dévoilé et déjà un carton plein. Son concepteur Alexandre Udin le revendique légitimement comme « le premier catamaran de sport de série volant (sur ses foils) au monde ». Basé à Saint-Lunaire, cet autodidacte de 32 ans a mis au point un véritable bijou, qui annonce une petite révolution dans le monde de la voile. Il lui a quand même fallu trois ans de R & D « intensifs » et un budget de 500.000 euros.
« L'avenir est aux bateaux volants »
Le Flying Phantom, c'est d'abord et avant tout une histoire de passionnés. Depuis l'âge de 16 ans, Alexandre Udin dessine des voiles. Il en a fait son métier : designer de voiles pour petits catamarans de sport. Il y a dix ans, il a créé sa société Sail Innovation. Aujourd'hui, il y ajoute le bateau de ses rêves. Il s'est associé à l'architecte Martin Fischer, qui a notamment travaillé sur les trimarans Groupama. « Notre objectif était de créer un 18 pieds volant », explique Alexandre Udin convaincu que « l'avenir est aux bateaux volants ».
Une image de marque lancée
Le duo a commencé par créer un Formule 18 Phantom non volant pour faire de la compétition. Objectif avoué : « se faire connaître » et « créer une image de marque ». Banco ! Alexandre Udin et sa team ont raflé bon nombre de titres (champion du monde à Los Angeles en 2012, vice-champion du monde en 2013). Il s'est fait remarquer des plus grands skippers : François Gabart, Franck Cammas... Avec ce dernier, il a bénéficié d'un beau partenariat technologique. « Nous avons eu accès à des ressources financières et surtout humaines pour accélérer », souligne Alexandre Udin, seul salarié à la barre. Son projet a en effet mobilisé jusqu'à 15 personnes. Ce bateau va aussi devenir un business florissant pour sa société porteuse, Phantom International. Vendu exclusivement par Internet (« le modèle est basé dessus »), au tarif de 30.000 euros, le catamaran présenté pour la première fois au Nautic de Paris fin 2013 a déjà été écoulé à 30 exemplaires... en un peu plus d'un mois ! Les premières livraisons se feront au printemps. Les clients sont des férus de voile, comme ces grosses équipes de l'America's Cup. « C'est encourageant », lâche prudemment Alexandre Udin, qui a déjà atteint son premier objectif. « C'est le fruit d'un travail de longue haleine et de résultats sportifs. »
80 % à l'export et une gamme en perspective
Son business plan prévoit 50 ventes annuelles dans un premier temps, puis 100 à 150 Flyings (soit 4,5 M€ de CA) dont 80 % seront réalisés à l'export (20 % aux USA). Sans compter les autres bateaux de la gamme qu'Alexandre Udin veut constituer : F18, Flying, un bateau pour la solitaire, un autre pour trois personnes sans être au trapèze, etc. Il est actuellement « en discussion » pour créer des circuits de compétition pour cette catégorie atypique, en Europe et aux États-Unis. Après Paris et Düsseldorf, ses prochains salons l'emmènent à Stockholm ce mois-ci.
Première levée de fonds
« Dès 45 ventes, nous serons au point mort », confie le jeune entrepreneur qui a réalisé une première levée de fonds de 300.000 euros. Phantom International compte six actionnaires bretons dont son père, président de l'entreprise. Pour des raisons pratiques, le siège de la société est basé à Paris. Si le prototype a été mis au point avec l'aide de partenaires industriels bretons (comme AFU à Saint-Malo pour l'usinage de pièces spécifiques), les préséries et exemplaires suivants seront tous fabriqués en Asie et directement expédiés de là-bas, pour une question de coûts et de flexibilité. Quant à son effectif, le Flying Phantom devrait reposer sur trois salariés à terme.
Géry Bertrande
E-Commerce Conçu à Saint-Lunaire et vendu exclusivement via internet, le « Flying Phantom » fait déjà un tabac. En un mois, une trentaine d'exemplaires ont été commandés. Son concepteur Alexandre Udin, autodidacte, a investi 500 K€ et prévoit 4,5 M€ de CA à terme.