Fishing Cactus, qui développe des jeux vidéos, fait, de son propre aveu, figure « d'alien » dans le paysage belge. Avec ses trente salariés, l'entreprise, créée en 2008 à Mons, est la plus grosse boîte de jeux vidéos en Wallonie, et réussit à se développer malgré un écosystème plutôt anémique. « Nous avons de très bonnes écoles en Belgique, qui forment beaucoup de talents, et l'esprit créatif belge, qui s'est exprimé pendant des années dans la bande dessinée notamment, est toujours bien présent, et on sent une vraie patte », explique Laurent Grumiaux, le directeur commercial de Fishing Cactus. « Mais très peu de structures se créent, malgré les efforts des pouvoirs publics notamment, pour qu'un véritable écosystème émerge. »
Changer de modèle
Dans l'attente, Fishing Cactus fait son beurre à l'étranger, et notamment, en France. Depuis sa création, le développeur tire une grande partie de ses revenus de la production de jeux sous licence, pour le compte de grands noms du secteur, comme le japonais Sega, ou le français Big Ben. Certains titres ont connu un joli succès, comme Afterburner ou Koh-Lantah. Des réussites qui ont donné envie au développeur de mettre davantage en avant le talent de ses équipes. « Nous allons de plus en plus nous consacrer à des jeux développés sous notre propre marque, pour avoir complètement changé de modèle d'ici cinq ou six ans, » explique Laurent Grumiaux. Aujourd'hui, Fishing Cactus réalise environ 2 M€ de chiffre d'affaires par an. Rentable depuis 2009, elle réinjecte une grande partie de ses bénéfices dans la production. Jusqu'en 2014, moment où le développeur a commencé à mettre l'accent sur les productions " maisons ", jusqu'à 94 % de son chiffre était issu de contrats de sous-traitance. Fishing Cactus prévoit désormais d'augmenter de 15 % par an la part du chiffre provenant des ventes des jeux développés sous son nom, jusqu'à atteindre les 100 %.
Un marché plus mûr en France
Et pour assurer le succès, le Belge compte en partie sur la France, où le marché du jeu vidéo est bien plus mûr. « Le marché français est environ six fois plus gros qu'en Belgique. C'est bien sûr intéressant pour nous de démarcher et de vendre en France, où il y a de gros éditeurs, alors qu'il n'y en a pas du tout en Belgique. » Fishing Cactus s'est d'ailleurs associé à CCCP, un développeur basé à Valenciennes, pour répondre à un appel à projets transfrontalier. Mais le champ des possibles ne se réduit pas à la France. « Bien sûr, c'est une évidence pour nous de privilégier la France, qui est sur le même fuseau horaire, parle la même langue, et a une culture proche. Mais les États-Unis représentent aussi beaucoup de nos débouchés, comme, dans une moindre part, l'Angleterre et Israël. » Après une première levée de fonds de 500.000 euros en 2012, Fishing Cactus essaye d'en boucler une nouvelle, à 1,5 M€, pour accompagner son repositionnement stratégique.
A propos de Fishing Cactus
(Mons)
Dirigeants : Julien Hamaide, Ramsès Ladlani, Bruno Urbain, Maxime Rollet, Julien Grumiaux / CA 2015: 2 M€ / 30 salariés / www.fishingcactus.be
Né au sein d'un écosystème encore balbutiant en Belgique, le développeur compte sur l'étranger pour développer son activité.