Repreneur de la scierie de Mervent, une PME de 20 salariés, en redressement depuis fin 2014, le Finistérien Antoine Chatel veut relancer la machine rapidement. En commençant par ce qu'il considère comme « la clé » pour retrouver un volume d'affaires suffisant.
D'ici début mars, ce dernier compte ouvrir un atelier de seconde transformation. Rebaptisée Mervent Industrie, l'entreprise y fabriquera bientôt des profilés bois en lamellé-collé pour la menuiserie, un matériau qui s'obtient par collage de plusieurs couches de bois. «Les machines ont été achetées, elles prendront place dans un bâtiment existant de 2.200m²», annonce-t-il.
« Les scieries françaises qui disposent de cette seconde transformation font surtout des modèles standards. On ne trouve pas les pièces spécifiques ou alors à des prix trop élevés, explique Antoine Chatel. Comment va-t-on réussir à produire dans l'Hexagone ? Notamment en valorisant certaines pièces moins recherchées qui peuvent aujourd'hui rester cinq à dix ans en stock à Mervent sans trouver preneur...
Intégrer cette production à la scierie, permettra aussi d'économiser du transport et il n'y aura pas d'intermédiaire. De quoi compenser l'écart de coût de 25 % avec un lamellé-collé fait à l'étranger ».Pas question cependant de remettre en cause de l'activité historique de la scierie : la découpe de bois et la fabrication de nombreux produits finis (charpente, parquet, terrasse, produits paysagers...).
Sous la holding Profides
La nouvelle activité pourrait peser un tiers du chiffre d'affaires à moyen terme et nourrir la première. Antoine Chatel mise aussi sur des synergies au niveau des achats et de l'administration avec Marzin , son autre entreprise de menuiserie, située à Châteaulin dans le Finistère .
Cette PME de 20 salariés (2,5 M€ de CA) lui commandera ses premiers profilés en lamellé-collé. La production devant être vendue aux menuiseries de France et d'Europe. Plutôt axée sur le sur-mesure et les délais courts, Marzin réalise de menuiseries intérieures en bois : des huisseries, blocs portes, trappes de visites etc., dotées de nombreuses applications (coupe-feu, pare-flamme, pare-balles ou rayon X). Les deux sociétés sont regroupées sous la holding Profides, détenue à 100 % par Antoine Chatel .
À 33 ans , l'entrepreneur travaille depuis dix ans dans la menuiserie. Par le passé, il a dirigé d'autres sociétés, comme une entreprise générale du bâtiment à Concarneau ainsi que la menuiserie Delormes en Ille-et-Vilaine. Ce distributeur et poseur de menuiseries sur les maisons et logements collectifs , comptait une cinquantaine d'employés en 2010, avant de fermer ses portes en 2013 « sur fond de crise du bâtiment ».
Doubler l'effectif d'ici 3 ans
En Vendée, les 22.000 m² d'usines posées de la scierie, posées sur 6,5 hectares de terrain ont déjà accueilli les premiers investissements, notamment pour acquérir du matériel informatique plus récent. L'équipe repart en s'appuyant sur l'ancien dirigeant Vincent Bodin qui pilotera les achats et le directeur commercial Jean-Philippe Laubreton. Avec de grandes ambitions. « D'ici trois ans, mon objectif sera de multiplier par trois le chiffre d'affaires pour atteindre les six millions d'euros et de doubler l'effectif ».
Le point d'équilibre actuel, en ajoutant une marge pour investir, s'établissant « à quatre millions d'euros » estime le repreneur. Environ cinq nouveaux salariés devraient rejoindre les rangs d'ici le printemps, en commençant par un scieur de tête, terme qui désigne non pas un tueur à gage, mais bien un spécialiste en découpe de grumes.