« Depuis toujours, nous travaillions en Suisse. Nous sommes situés à seulement quelques kilomètres de la frontière. Nous sommes plus proches de la Suisse que de Mulhouse... Mais il y a cinq ans, les procédures de dédouanement, pour la main-d'oeuvre et le matériel, sont devenues tellement draconiennes que nous avons quasiment arrêté de travailler en Suisse.
« Nous avions arrêté de travailler en Suisse »
Pour chacun de nos passages, nous devions faire une demande quinze jours à l'avance, en précisant à quel jour et à quelle heure nous passerions.
Nous devions indiquer le nom du salarié qui franchirait la frontière et joindre des documents comme son numéro de sécurité sociale. En cas de changement, nous devions faire une nouvelle demande ! Autrement dit, nous devions à nouveau attendre 15 jours... Lorsque nous avions un gros chantier, cela ne nous posait pas trop de problèmes de faire ces démarches. Mais prévoir autant de paperasse pour une petite réparation... Que ce soit un gros chantier ou une petite réparation, nous devions indiquer à l'avance tout le matériel que nous allions facturer. Or, il est très difficile de savoir à l'avance tout ce dont nous allons avoir besoin. Et lorsqu'il nous manquait quelque chose, rebelote, nous devions faire une nouvelle demande ! De plus, pour des petites réparations, nos clients nous appellent très souvent au dernier moment et leurs demandes sont urgentes.
10 % de notre CA en Suisse
En 2013, nous avons donc créé une société en Suisse : une Gmbh. C'est l'équivalent d'une société à responsabilité limitée. Avec une Gmbh, nous n'avons plus besoin d'effectuer toutes ces procédures de dédouanement. Et si notre CA en Suisse ne dépasse pas 25 % de notre CA, nous avons le droit de conserver son administration en France. Alors que nous avions quasiment arrêté de travailler en Suisse, sauf pour les très gros chantiers, notre CA en Suisse représente désormais 10 % de notre CA. C'est donc une solution que je recommande ! Néanmoins, ce n'est pas toujours facile de savoir quel montant on doit payer ni à à qui on doit le payer. C'est d'autant moins facile que la législation évolue souvent. Le conseil que je donnerais, c'est donc de faire appel, comme nous l'avons fait, à un expert-comptable qui connaît bien ces questions transfrontalières. Il ne faut pas hésiter à choisir un expert-comptable en France et un en Suisse. Et la CCI est aussi source de bons conseils ».