Financement : Savoir convaincre dans un climat complexe
# Conjoncture

Financement : Savoir convaincre dans un climat complexe

Le mouvement en faveur de la création et reprise d'entreprise s'accompagne d'une série de mesures financières, fiscales et sociales. Mais décrocher un financement bancaire reste une étape redoutable dans un contexte délicat.

«La situation est paradoxale: il y a de l'argent mais il n'est pas à la portée de tous les créateurs», constate Frédéric Cameo Ponz, président du réseau national des Boutiques de gestion. Dernier exemple en date: le cas du nouveau régime de l'EIRL. Le secrétaire d'État aux PME, Frédéric Lefebvre a récemment rappelé que «l'objectif est que toutes les banques signent un engagement public pour soutenir» ce nouveau régime. Sous-entendu: certaines traîneraient des pieds, avec un risque à la clef. À demander trop de garanties personnelles, les banquiers réduisent à néant l'intérêt de ce nouveau dispositif.




Des signes inquiétants

Autre indicateur inquiétant: après deux trimestres d'assouplissement, la Banque de France a noté au 1er trimestre un léger resserrement des critères d'octroi de crédits aux PME, au contraire des grandes entreprises. Tendance qui devrait se poursuivre les deux prochains trimestres et concernerait cette fois grandes et petites entreprises. Enfin, selon des chiffres provisoires de la BdF, cités par Frédéric Lefebvre, les prêts inférieurs à 25.000 € accordés aux sociétés non financières seraient en recul en 2010 de 16% par rapport à 2007, à 44,5milliards d'euros. Et le redémarrage est plus lent pour ces petits montants que pour l'ensemble des encours des PME:+2% en 2010, contre+5,6%.




Le profil du créateur: essentiel

Dans ces conditions et dans la perspective de Bâle 3 qui pourrait encore conduire à des resserrements du crédit bancaire, un porteur de projet doit bétonner son dossier. Pour un banquier, l'Homme, ou plutôt les Hommes, jouent évidemment un rôle essentiel. «La capacité de l'équipe dirigeante à diriger l'entreprise, à anticiper les évolutions de son marché, à dégager des profits récurrents est fondamentale quel que soit le secteur d'activité», rappelait récemment François Orain, président du Comité des banques de Lorraine.




Hypothèses réalistes

«Le porteur de projet doit prouver sa capacité à créer une vraie dynamique», explique Gil Coppey, adjoint à la déléguée générale de France Initiative. Impératif, aussi, un business plan solide et réaliste. «L'important est la rentabilité structurelle dégagée sur des hypothèses réalistes et plutôt prudentes. Les banquiers sont pragmatiques, ils préféreront un business plan sur une période plus courte mais dont l'activité est moins aléatoire qu'une projection à trop long terme aux contours incertains», nous confie Olivier Lafon, vice-président du Conseil de l'Ordre des experts-comptables. C'est un des intérêts de l'accompagnement par des réseaux: se préparer à ce passage devant le banquier en se soumettant d'abord à l'expertise d'un comité d'engagement des prêts d'honneur. Une réponse positive apporte une triple confiance: confiance au créateur, confiance dans le créateur et confiance de la banque.

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