Financement participatif : le carton rouge de l’UFC-Que Choisir
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Financement participatif : le carton rouge de l’UFC-Que Choisir

L'UFC-Que Choisir s'attaque dans une étude au secteur du financement participatif, en particulier les prêts de particuliers. L'association de défense des consommateurs fustige "ce système, qui est par nature générateur de risques, portés par les seuls consommateurs". Et pointe les effets pervers du modèle économique des plateformes web.

C’est une étude accablante que l’UFC-Que Choisir a rendu publique le 23 février dernier. Dans un document d’une quarantaine de pages, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir épingle le secteur du financement participatif et les plateformes internet spécialisées dans ce mode de financement, en particulier les prêts de particuliers. « Ce système est par nature générateur de risques, portés par les seuls consommateurs, tance l’association. Ce sont en effet les projets que le secteur bancaire n’a pas jugés viables qui se retrouvent sur ces plateformes, à des coûts de crédit 2 à 3 fois supérieurs, ce qui rend les entreprises emprunteuses encore plus fragiles. » En pleine expansion, le secteur a collecté quelque 443 millions d’euros en 2016 selon l’UFC (629 millions d'euros d’après l’association professionnelle Financement participatif France et la société de conseil KPMG).

Les effets pervers du modèle économique

Dans cette étude, l’association de défense des consommateurs a passé au crible 17 grandes plateformes de financement participatif, plus précisément celles qui proposent des prêts ou des prises de participation aux capitales. Dans un contexte de défiance envers les acteurs traditionnels de la finance et de chute des rendements de l’épargne, le secteur du financement alternatif a pu rapidement apparaitre comme un acteur crédible aux yeux des porteurs de projets et des investisseurs. L’UFC rappelle que ces plateformes ont bénéficié d’un cadre réglementaire allégé pour accélérer leur développement. « Les pouvoirs publics semblent déterminés à favoriser la prise de risques en orientant davantage l’épargne vers le financement de l’économie "réelle".»

Mais pour l’association, cette forme de financement comporte des « effets pervers ». Les plateformes, se rémunérant à la commission, sont « incitées à proposer aux consommateurs un maximum de projets au mépris manifeste d’une sélection de qualité ». L’UFC-Que Choisir pointe également l’opacité des projets proposés, la minimisation des risques pour les prêteurs ainsi que le manque de transparence des plateformes elles-mêmes. « Plus de deux ans après la publication du décret encadrant leur activité, moins d’une plateforme sur quatre évalue la capacité de financement des consommateurs, quand moins de 20% publient un rapport annuel », remarque l’association de défense des consommateurs.

Des rendements inférieurs au livret A, la sécurité en moins


Mais c’est sur le rendement des investissements que l’UFC-Que Choisir a véritablement sorti la calculatrice. « Alors que les consommateurs sont attirés avec des promesses de taux d’intérêt allant jusqu’à 7%, nos travaux montrent que le rendement final, une fois les défauts et la fiscalité déduits, devrait s’établir entre 0,33% et 1,6%, chiffre l’UFC. C’est-à-dire que le financement participatif offre une rentabilité proche voire inférieure à celle du livret A, sans offrir son caractère entièrement sécurisé et liquide. »

Enfin, l’association « met en demeure » plusieurs plateformes, et les prie de « purger leurs conditions générales d’utilisation des clauses jugées abusives qu’elles contiennent », avant d’engager potentiellement une action en justice contre elles.

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