Fin 2009, un goût de reprise
# Conjoncture

Fin 2009, un goût de reprise

Touché par la crise avant tout le monde, le secteur agroalimentaire, deuxième employeur industriel de la région, est aujourd'hui le premier à se relever. Le dynamisme et surtout l'instinct de survie de ses TPE-PME, qui réalisent la plus grande part du CA du secteur, ont permis cette reprise. (Photo A.L.)

Le secteur agroalimentaire fut l'un des premiers touchés par la crise. La raison? «La loi de modernisation de l'économie adoptée en juillet2008, couplée à une volonté politique de donner du pouvoir d'achat aux Français, ont amené les distributeurs à discuter les prix au plus bas avec les fournisseurs. Par conséquent les entreprises agroalimentaires ont vu leurs marges baisser, alors même que de coutume leur rentabilité est assez faible, puisqu'elle tourne autour de 1%», explique Dominique Amirault, président de la Fédération régionale des industries agroalimentaires (Friaa) et dirigeant de Soléou. Impactées plus tôt, les entreprises agroalimentaires ont également été les premières à relever la tête.




Une situation stabilisée

«Aujourd'hui, la situation économique de nos entreprises s'est stabilisée, par contre, elles restent fragiles. Elles font en effet face à une crise de croissance en raison du manque de capitaux propres et de la frilosité bancaire». Une situation incompréhensible, pour Dominique Amirault qui déplore le manque criant de soutien, notamment politique, pour cette filière qui représente tout de même un CA de 6Mds d'euros, plus de 25.000 emplois et 1.000 établissements de transformation en Paca, hors viticulture. Enfin, il souligne que l'industrie agroalimentaire s'appuie essentiellement sur un tissu de TPE-PME, 80% des entreprises ont moins de 20 salariés. «Une chance inouïe pour notre région car, contrairement aux grands groupes qui ont tendance à délocaliser, les PME créent de l'emploi, innovent, se battent pour leur survie et compensent ainsi les pertes des plus grandes.» Le décor posé, le dirigeant de Soléou, avec le concours de la Friaa, souhaite enrichir le capital «image» de la région, communiquer sur le régime méditerranéen.




Capitaliser sur un savoir-faire historique

«Nous avons un savoir-faire historique, basé sur une alimentation qui est bonne pour la santé. Nous sommes implantés en Provence, région mondialement connue. Nos produits sont pour la plupart issus du terroir. Nous devons tirer parti de tous ces avantages. Par exemple, quand nous vendons des produits, nous devons impérativement revenir à la notion de plaisir qu'ils occasionnent». Voilà les objectifs que s'est fixé Dominique Amirault, qui peut, pour y parvenir, s'appuyer sur une filière, qui est l'une des mieux structurées en France et qui compte aussi un pôle de compétitivité. Seule ombre au tableau selon lui: le manque de volonté politique à reconnaître l'importance du secteur agroalimentaire.

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