L'histoire économique de Boulogne-sur-Mer s'est toujours écrite dans la pêche. Aujourd'hui, l'activité s'est élargie et touche plus généralement les produits de la mer. Une étude menée par le département "produits de la mer" de la CCI montre que cette filière génère 5.000emplois directs soit 14% de la zone d'emploi du Boulonnais.
Plus de flux qu'à Rungis
Ces chiffres montrent aussi que l'activité s'est largement diversifiée. «Nous enregistrons des flux importants. 377.000T de produits de la mer passent annuellement par Boulogne. À titre comparatif, Rungis comptabilise 155.000T sur sa plate-forme», souligne Pascal Labarre, consultant en produits de la mer à Boulogne. Le détail de ces 377.000T permet de voir que 38.000T concernent la pêche fraîche. Boulogne, toujours premier port de pêche français, s'affirme donc de plus en plus comme une véritable plate-forme de flux qui fait d'elle l'un des leaders européens de la transformation des produits de la mer. Aujourd'hui, elle concentre des activités de mareyage, filetage et frais emballé, de seconde transformation, conditionnement, valorisation des co-produits, négoce, transport et logistique.
Une double diversification
Cet équilibre sera-t-il suffisant pour conserver un rôle de leader? Proche de ports comme Vigo en Espagne en terme de typologie d'activités, la filière entend jouer la carte du benchmarking et de la logistique. «Les transporteurs et logisticiens présents sur notre territoire ont déjà la capacité de stocker ou de dégrouper des lots de différents produits issus des industries agroalimentaires.» Des entreprises comme Copromer réalise déjà 20% de leur chiffre d'affaires dans des produits autres que les produits de la mer. À l'instar de Norfrigo qui projette de construire de nouveaux frigos, les professionnels du transport et de la logistique souhaitent aller plus loin et se développer. Capécure 2, extension de Capécure, accueillera bien sûr des industriels de seconde transformation comme Océan Délices qui vient de poser sa première pierre mais aussi des acteurs du transport et de la logistique comme Tradimar qui va s'y implanter.
À l'international
Tournée vers la mer mais aussi vers la terre grâce à l'A16, Boulogne compte un volet international avec l'activité de négoce: 40 entreprises employant 331 personnes qui font du sourcing afin de répondre à l'augmentation de la demande en produits de la mer. L'international est fortement marqué avec la présence d'investisseurs étrangers. Il se manifeste aussi par la présence sur des salons de portée internationale comme l'ESE de Bruxelles ou le Sial de Paris où les industriels boulonnais se rendent. Enfin, l'université témoigne de cette évolution: l'IUP halieutique est aujourd'hui devenu un IUP agroalimentaire. Le CFPM (centre de formation des produits de la mer) entame aujourd'hui une démarche quasi similaire en diversifiant ses formations vers l'agroalimentaire.
Boulogne s'affirme comme l'un des leaders européens de la transformation des produits de la mer. Avec 5.000 emplois directs, la filière diversifie ses activités.