Filière nautique : Quel projet pour Paca ?

Filière nautique : Quel projet pour Paca ?

La huitième édition du salon nautique de La Ciotat, désormais baptisé Les Nauticales, vient de fermer ses portes, avec une fréquentation en retrait par rapport aux chiffres escomptés par Marseille Provence Métropole. Une tendance qui refléte bien le repli du marché de la plaisance. Cette morosité est toutefois atténuée en Paca par le positionnement spécifique de la filière nautique, davantage orientée vers la réparation et la maintenance que vers la construction. Dossier réalisé par Didier Gazanhes et Alexandre Léoty

Même si la rencontre de La Ciotat se présente toujours au quatrième rang des salons français du secteur de la plaisance, sa fréquentation a marqué cette année un net recul. «Cependant, plus important pour les acheteurs, nous sommes toujours le second salon national à flot », souligne Eugène Caselli, président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, organisatrice du salon, qui envisage désormais de créer à La Ciotat un showroom permanent afin de pérenniser la vocation ?plaisance? du site. Les Nauticales ont en effet pour arrière-plan les immenses grues des 35 hectares de l'ancien site des chantiers navals de La Ciotat, aujourd'hui reconvertis par la Semidep en un Domaine d'industries et d'activités maritimes qui propose des terrains et des locaux industriels à vocation Haute plaisance, et où se trouve depuis 2007 l'unique ascenseur à bateaux de la région, géré par Monaco Marine. De son côté, la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence et le Club Provence Nautisme ambitionne également de créer sur l'Étang de Berre un showroom permanent. Un projet baptisé MedMa. «Je n'ai rien contre ce projet, tant qu'il ne fait pas concurrence au salon nautique de La Ciotat », a rappelé Eugène Caselli, lors du lancement des Nauticales. Pour Franck Recoing, président du Club Provence Nautisme, «MedMa n'est pas en opposition avec les Nauticales, qui pourraient devenir plus spécialisées. La Ciotat doit trouver un créneau dans la réparation navale ou la belle plaisance par exemple...»




Une dizaine de chantiers de Haute Plaisance en Paca

Le foisonnement de projets liés au secteur du nautisme en Paca démontre le savoir-faire des entreprises du territoire, qui se positionne comme le second pôle mondial en matière de réparation et de maintenance de yachts de grande plaisance, après la Ligurie. Une dizaine de chantiers de grande capacité, adaptés au traitement de bateaux allant de 4 mètres à plus de 100 mètres, est en effet actuellement installée entre Monaco et Marseille, fédérant un grand nombre de sous-traitants «La filière nautique régionale concerne principalement deux activités, le négoce et la maintenance. Le tissu d'entreprises est essentiellement composé de TPE, qui ont besoin d'être sécurisées quand elles travaillent sur l'espace portuaire, et ont besoin d'être aidées afin de devenir plus innovantes», souligne Éric Mabo, responsable de l'animation territoriale de la Fédération des industries nautiques. Ainsi, si les revendeurs de bateaux ont connu une année 2009 difficile, la réparation des yachts, en revanche, a su tirer son épingle du jeu. «Il y a une évolution et les chiffres d'affaires sont plus faibles, mais il y a des réparations que l'on ne peut pas reporter», explique Didier Chomat, directeur du Prides Riviera Yachting Network. «Il n'y a quasiment pas de construction nautique dans la région, et c'est tant mieux, car c'est un marché qui a subi la crise avec violence. D'ailleurs, les rares qui construisaient se tournent aujourd'hui vers la réparation et le refit», conclut Vincent Larroque, directeur commercial du groupe régional Monaco Marine.