Dans le Vieux-Nice, l'enseigne a gagné son statut de véritable "institution". Avec ses 99 parfums en linéaire, des plus classiques aux plus originaux, le glacier Fenocchio fait figure de passage obligé aussi bien pour le touriste lambda que le niçois venu flâner. Une affaire familiale qui ce mois-ci devient une véritable enseigne avec l'ouverture d'un troisième point de vente le long du tramway.
Une lente ascension de trente ans
C'est en 1966 que les Fenocchio prennent leurs quartiers au coeur de la capitale azuréenne: Joseph et Louise, deux immigrés arrivés du Piémont encore enfants, reprennent un petit glacier sur la place Rossetti. Leur fils Francis, 16 ans, fait partie de l'aventure. La confection se fait de manière artisanale, à deux pas, dans un local en haut de la rue Rossetti. Le commerce de glace fait recette: un à un, les locaux adjacents sont rachetés progressivement pour suivre le développement de l'activité. Quasiment trente ans plus tard, l'outil de fabrication n'est plus adapté. Un premier laboratoire de 200m² est installé à la Gaude. Ces nouvelles capacités de production permettent d'ouvrir dans la foulée, en 1998, un second point de vente, rue de la Poissonnerie, toujours dans l'enceinte du Vieux-Nice. «En plein été, 300 à 350 bacs de 5 litres de glaces ou de sorbets sont écoulés dans les deux magasins, dont 70% sur la place Rossetti» détaille Frédéric, «3e génération» de glacier Fenocchio. Puis en 2006, ce sont 250.000 € qui sont cette fois investis dans un nouveau laboratoire, deux fois plus gros, toujours installé sur la commune de la Gaude. De quoi suivre la demande... et alimenter un nouveau magasin!
Une SARL «100% indépendante»
Sur le boulevard Jean Jaurès, en limite de la vieille ville, un troisième commerce à l'enseigne Fenocchio ouvre donc ses portes ce mois-ci. Mais cette fois, «il s'agit d'une SARL 100% indépendante, dont mon fils sera gérant» indique Francis Fenocchio. «La SAS Fenocchio ne sera que simple fournisseur.» Autre particularité, ce nouveau point de vente sera séparé en deux: un côté dédié à la vente à emporter, l'autre à la restauration sur place... Car salades, pâtes et crêpes seront également au menu! «A deux pas du Lycée Massena et du Palais de justice, il y a une place à prendre sur ce créneau» justifie Frédéric Fenocchio. «Mais on retrouvera bien sûr de la glace presque partout sur la carte» rassure le jeune patron, qui sera aux fourneaux avec 4 employés. Un an et demi de travaux et 300.000 € auront été nécessaires à la mise sur pied de cette nouvelle tête de pont.
Des capacités réduites pour maintenir la qualité
Ouvrir un commerce en pleine crise économique, un pari risqué? «Impossible de savoir à l'avance ce que cela va donner. Cela peut exploser, comme ne pas marcher du tout.» Comme d'habitude, nos entrepreneurs misent sur la qualité de leurs glaces pour attirer le chaland. «Il n'y a pas de secret» assure Frédéric. «Tout est basé sur la qualité des matières premières»... et la technique de production. «Nous restons limités en volume car nous souhaitons garder des turbines de taille réduite, qui permettent l'incorporation à la main d'ingrédients pendant le processus de fabrication» détaille le jeune Fenocchio. «Nous préférons du coup être parfois en rupture de stock plutôt que de produire de manière industrielle, car dans l'alimentaire, la baisse de qualité se paye "cash".» Avec une clientèle répartie à parts égales entre touristes et niçois, la bonne tenue du nouveau business des Fenocchio dépendra beaucoup de la saison estivale. L'originalité des parfums des glaces sera un bon atout pour attirer le chaland. Derniers en date: «Avocat, spéculos, riz au lait et... tourte de blette».
Francis Fenocchio prépare la relève avec son fils: le jeune Frédéric sera aux commandes du nouveau glacier Fenocchio qui ouvre ses portes ce mois-ci à Nice, boulevard Jean-Jaurès, avec au milieu des 99 parfums de glaces, salades, pâtes et crêpes à déguster sur place.