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Feeligreen prend date pour le "Black Friday" chinois
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Feeligreen prend date pour le "Black Friday" chinois

La start-up sophipolitaine, qui vient de lever 3,5 millions d'euros, entend se positionner comme un "influenceur" sur le marché de la cosmétique instrumentale.

Fondée en 2012, Feeligreen combine microélectronique, chimie, nanotechnologies et sciences du vivant pour développer des solutions cosmétiques instrumentales et connectées. Des dispositifs qui utilisent des micro-courants pour mieux diffuser les actifs à travers la peau, et ainsi « quadrupler leur efficacité », revendique son dirigeant Christophe Bianchi. Lequel prépare activement le lancement de sa troisième gamme de produits en 18 mois, toujours estampillé Feeligold. À savoir, des patchs de micro-stimulation électrique qui, en jouant sur le flux sanguin, lissent et défatiguent les zones clés du visage. « Tout doit être prêt pour le 11 novembre », indique-t-il, le "Jour des célibataires" en Chine devenu au fil des ans le plus grand événement marketing au monde, loin devant le "Black Friday" américain. Un rendez-vous que la jeune pousse sophipolitaine entend bien honorer.

Démontrer

Si l'entreprise a choisi la Chine comme premier marché cible pour ses patchs micro-stimulants, c'est parce que l'Empire du Milieu représente 40% du marché mondial de la cosmétique. Ajoutez à cela une appétence certaine des consommatrices chinoises pour les nouvelles technologies, et vous obtenez la formule potentiellement gagnante censée démontrer aux marques l'intérêt du marché pour la cosmétique instrumentale. Et plus particulièrement celle développée par Feeligreen. Car Christophe Bianchi est lucide : « La marque Feeligold n'est qu'une goutte d'eau dans le monde de la cosmétique contrôlé par cinq conglomérats détenant les 200 plus grandes marques. Elle n'a donc pas vocation à venir les concurrencer, mais plutôt à proposer des dispositifs médicaux en marque blanche à ceux qui ont vraiment accès au marché ». D'où l'impérieuse nécessité d'innover, de sortir de nouveaux produits de façon « récurrente ». Et ce, afin de rester dans les radars des géants du secteur et d'initier d'autres partenariats que ceux déjà noués avec Galderma, Pierre Fabre ou encore Johnson & Johnson. Ces derniers ont en 2016 représenté 80% de son chiffre d'affaires (500.000 euros contre 150.000 euros en 2015), le reste provenant de la vente de ses produits en ligne. Autrement dit, sur ce marché en devenir, Feeligreen cherche à se positionner comme un « influenceur ».

Pôle R&D

Pour y parvenir, la jeune pousse vient de conclure une levée de fonds de 3,5 millions d'euros auprès de ses investisseurs historiques, Innovacom et Seb Alliance, auxquels s'est ajouté un family office « dédié aux investissements dans les secteurs de la santé, des services BtoB et des technologies ». Détails qui ont leur importance quand on sait que toutes les technologies Feeligreen s'adressent aussi au segment thérapeutique. « Cela nous impose un niveau d'exigence qui d'ici à cinq ans sera la norme en cosmétique », avance le dirigeant. En attendant, Feeligreen s'attache donc à accélérer son développement à l'international et à renforcer son pôle R&D. Soit, une petite vingtaine de chercheurs et d'ingénieurs qui officient dans de nouveaux locaux de 600 m² inaugurés mi-juin sur la technopole de Sophia Antipolis. Une enveloppe de plus d'1 million d'euros a été investie pour l'aménagement et l'équipement en matériel, « essentiel pour assurer notre indépendance en matière de R&D », insiste le dirigeant. Qui vise, pour l'exercice en cours, le doublement de son chiffre d'affaires. À minima.

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