«Voici mon ministre des Transports. Celui-ci est mon ministre de l'Education et du tourisme. Et voilà mon ministre du Commerce, mon ministre des PME...» Fin janvier, à l'occasion de ses traditionnels voeux à la presse, et avec l'humour piquant qui le caractérise, Jacques Pfister, président de la CCI Marseille Provence, a présenté ses vice-présidents comme étant de potentiels prétendants à la gouvernance d'une grande métropole marseillaise. Une équipe de chefs d'entreprises aguerris. «Des techniciens de très grande qualité» susceptibles de manager avec efficacité un territoire tiraillé par ses dissensions politiques en lieu et place des légitimes représentants élus au suffrage universel. Si, bien entendu, c'est au second - voire au troisième - degré qu'il faut comprendre cette annonce tonitruante, reste que pour le président de la CCI, la présence de représentants du monde économique au sein de l'organe de gouvernance du territoire métropolitain ne serait pas une aberration. Mais attention, au-delà de la boutade, l'élu consulaire est clair: «Nous n'avons pas l'intention d'occuper un terrain qui appartient à la politique. Chacun chez soi. Nous voulons simplement être force de proposition». Ouf, soulagement! L'improbable putsch n'aura pas lieu! En attendant, le chemin que prennent les choses est loin de satisfaire le président de la CCI. Car la grande métropole qu'il appelle de ses voeux avec vigueur n'est pas l'option choisie par les élus locaux, qui lui préfèrent la constitution d'un plus prudent "pôle métropolitain". «Une voie de garage..., grince Jacques Pfister. N'oublions pas que les projets métropolitains qui ont fonctionné sont ceux où on a ouvert le jeu, pas ceux où on s'est enfermé dans une vision politico-administrative». Ambiance.
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