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Exx onMobil : Des inquiétudes
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Exx
onMobil : Des inquiétudes

Les sociétés françaises du groupe ExxonMobil (Esso et ExxonMobil Chemical) ont présenté le 29avril dernier, leurs résultats pour 2009. Un bilan qui met en avant une offre excédentaire, des marges dégradées et une réelle inquiétude dûe aux contraintes législatives françaises.

«Ces mesures peuvent finir par tuer notre outil industriel». Après une année 2009 marquée par une offre excédentaire et des marges dégradées, la montée des stocks de produits finis et de mauvais résultats opérationnels, Francis Duseux, P-dg d'ESSO SAF, s'inquiète de l'environnement législatif français de plus en plus contraignant: «Notre industrie est soumise à des complications franco-françaises, notamment en terme d'obligations réglementaires. Si on continue à avoir des contraintes, nous finirons par fermer». Et le P-dg de prendre l'exemple récent de la fermeture de la raffinerie Total de Dunkerque.




Trop de taxes

Parmi les domaines problématiques, les biocarburants, où la France a fortement anticipé avec des exigences d'incorporation: «Incompatibles avec les spécifications européennes des carburants et qui augmentent encore les surplus français d'essence». En 2009, cette inadéquation a entraîné une pénalité financière de 10M€ de TGAP (taxe sur les polluants) pour le groupe. «Il faut savoir que seulement 60% du parc automobile essence peut consommer du E10. On ne peut pas risquer de pénaliser des millions d'utilisateurs qui se serviraient d'essence non conforme à leurs moteurs». Autre contrainte inquiétante pour le P-dg d'ESSO SAF, la loi Grenelle II qui devrait imposer des certifications d'économies d'énergie aux carburants: «La majorité des actions permettant d'atteindre ces objectifs ne dépend pas des distributeurs de carburants. Si cette loi passe, in fine, ce sera 2 centimes d'euros de plus par litre à la pompe pour les consommateurs. Heureusement pour nous, la taxe carbone a été reportée... Il ne faut pas qu'on nous impose des choses déraisonnables. Nous sommes dans une industrie mondialisée, si on a trop de handicaps en France, nos actionnaires finiront par s'installer ailleurs».




Effondrement des marges de raffinage et récession dans la Chimie

Pour la seconde année consécutive la demande mondiale de pétrole est en baisse (notamment dans les pays de l'OCDE) entraînant une surcapacité de production et une forte baisse des marges de raffinage: «En France, la demande est encore plus affectée avec un excédent de capacité, couplé à une hausse du déficit de gazole et de l'excédent en essence. L'avantage pour Esso, c'est que nous pouvons compenser avec notre réseau américain». Au total, le résultat net d'ESSO est de 90M€ (contre une perte de 40M€ en 2008): «Reflétant une forte augmentation de la valeur des stocks», mais une perte économique de 77millions d'euros hors effets stocks (contre un gain de 198M€ en 2008). Pour demain, le défi que veut relever Esso, c'est d'adapter son outil de production à la demande explique Dwigt Tozer: «Une grande partie de nos investissements, soit 32millions de dollars, est destinée à organiser la production en fonction du changement de la demande entre essence et gazole, grâce au projet «Gofiner» de Port-Jérôme». Pour ExxonMobil Chemical, la problématique est d'être confrontée à une récession: «Sans précédent» avec une baisse de 9,7% de la production chimique en France. Pour 2009, le résultat financier est positif avec un gain de 47M€ mais le résultat net du groupe est une perte de 17M€ (contre 115M€ en 2008): «Notre situation est meilleure mais encore insatisfaisante. Depuis deux ans, nous accumulons des pertes importantes et notre société est très endettée à hauteur de 600M€. Ce n'est pas sain, et l'on voudrait pouvoir effacer une partie de cette dette. Cependant, le groupe à recapitaliser à hauteur de 250M€, ce qui prouve qu'on ne pense pas que c'est perdu.C'est un marché stratégique mais compliquée car il évolue en permanence». Pour Marc Raimbault, directeur du site de Notre-Dame de Gravenchon, la stratégie pour l'avenir c'est: «Faire des produits où l'on peut apporter de la valeur ajoutée, pas se bagarrer sur les volumes. C'est la raison pour laquelle nous avons arrêté l'unité de polypropylène». Pour 2010, le plan d'investissements prévoit 40M€ sur les postes logistiques et l'adaptation d'unités.



S.C




www.exxonmobil.com

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