Dans le marché du volet battant en bois, traditionnel et provençal, la Voleterie, du haut de ses quarante ans d’existence, a comme des envies de forte croissance. L’air de rien, la petite entreprise, basée à Carpentras (Vaucluse) est emblématique des nombreuses TPE françaises qui se battent pour grossir et perdurer face à une concurrence étrangère accrue et un contexte économique pour le moins délicat dans le secteur du bâtiment.
Un soutien de 20 000 € pour la machine numérique
Pour se démarquer, la structure de huit personnes, récompensée de 20 000 euros en mai dernier par TotalEnergies dans le cadre de son programme "Financer Votre Entreprise", a récemment lancé un ambitieux plan d’investissement sur cinq ans. Objectif : "doubler le chiffre d’affaires en 2030 qui est aujourd’hui autour du million d’euros", souligne Hervé Degot, gérant propriétaire depuis avril 2023. Concrètement, la Voleterie a notamment fait l’acquisition d’une machine à commande numérique pour un coût de 120 000 euros. C’est elle qui lui a valu le soutien du groupe pétrolier. Opérationnel depuis peu, cet équipement permet, entre autres, d’être plus productif en réalisant les usinages comme les feuillures et les entailles des volets avant de les équiper avec la quincaillerie.
"On ne s’en tire pas si mal"
La mise en ordre de bataille passe aussi, selon son patron, par la création d’une ligne de finition pour les couleurs des volets. Elle sera installée dans une extension de 200 m² de l’atelier mesurant actuellement 700 m² environ. Le permis de construire a été déposé en août, tout devrait être en fonction en début d’année 2026. Parallèlement, la société se diversifie un peu en lançant des modèles en contreplaqués CTBX, un peu moins chers à fabriquer (et à revendre) mais très résistants dans le temps. Autant d’initiatives visant à donner des ailes à la TPE en dépit d’un contexte économique très fragile, reconnaît le responsable décidé à demeurer "optimiste". "Nous avons de l’activité dans la rénovation. Pour ce qui est du neuf, c’est plus qu’une catastrophe, analyse-t-il. En 2025, nous perdons entre 5 et 7 % de chiffre d’affaires. On ne s’en tire pas si mal que ça car beaucoup déposent le bilan."
"Vendre, vendre et vendre !"
Oser ou périr, Hervé Degot a donc fait son choix et l’assume. "Si toutes les sociétés investissaient 12 % de leur chiffre d’affaires, la croissance nationale serait plus importante", ironise celui qui, comme de nombreux entrepreneurs, rêve d’une situation politique nationale stabilisée. En attendant, renforcé par un employé supplémentaire, il va prendre son bâton de pèlerin, l’an prochain, afin de sortir de l’atelier et "vendre, vendre et vendre". "L’idée, c’est d’accentuer la partie professionnelle, plus simple pour nous, détaille-t-il. Les pros représentent 80 % de nos clients. J’aimerais récupérer le marché des menuisiers qui fabriquent des volets, une activité très chronophage et peu valorisée pour eux, afin de la sous-traiter."