Les chiffres du commerce extérieur de l'année 2011 ont été marqués par la crise de la zone euro, les tensions politiques du monde arabe et la catastrophe de Fukushima, qui a rendu plus incertain le climat international. Malgré tout, les Douanes françaises ont noté une hausse des échanges commerciaux de la France de 8,6%, à 428,8milliards d'euros, par rapport à l'année précédente. Ce dynamisme, s'il est moindre que celui enregistré en 2010 (+14%), a permis à la France de dépasser son niveau d'avant crise. De façon générale, le commerce extérieur français trouve aujourd'hui ses relais de croissance dans les grands marchés émergents. À elle seule, la demande asiatique, même si elle décélère fortement (+14,3% contre +29,8% en 2010) expliquerait 20% de la hausse des ventes en 2011. L'Europe hors Union européenne, dont la Russie, ainsi que le Proche et le Moyen-Orient profitent également largement aux exportations françaises. Exportations qui ralentissent en revanche vers les pays de l'Union européenne, les États-Unis - du fait de l'appréciation de l'euro notamment - ou encore des pays d'Afrique.
Aéronautique et agroalimentaire
En termes de secteurs d'activités, l'agroalimentaire se détache fortement des autres. L'an dernier, l'excédent agroalimentaire a atteint un nouveau niveau record à 11,4milliards d'euros, prenant place en deuxième position derrière l'aéronautique (17,7milliards). Toujours selon les chiffres des Douanes françaises, les produits bénéficiant d'une appellation contribueraient pour 80% à cet excédent, notamment grâce aux demandes venant d'Asie et des États-Unis. De leur côté, les produits agricoles bruts, avec la hausse des ventes de céréales, et ceux de première transformation, ont amélioré leur croissance. Par ailleurs, les produits liés à l'industrie du luxe poursuivent également leur progression, même s'ils avaient de toute façon moins souffert de la crise que ceux des autres secteurs d'activités. À titre d'exemple, les parfums et cosmétiques ont affiché en 2011 un excédent record de 8,3milliards d'euros. De leur côté, les ventes de biens intermédiaires, de machines industrielles et agricoles demeurent bien orientées, à l'inverse des matériels de transport.
Et les filiales à l'étranger?
Quoi qu'il en soit, les chiffres du commerce extérieur ne sont pas le véritable reflet de l'internationalisation des entreprises françaises. Une récente étude, parue en mars, s'est attachée à comparer les exportations de biens au chiffre d'affaires des filiales à l'étranger des groupes français, hors secteur bancaire. Si ces chiffres datent de 2009, ils apportent un éclairage intéressant sur les performances des entreprises de l'Hexagone. En 2009, celles-ci ont ainsi réalisé, via leurs filiales basées à l'étranger, un chiffre d'affaires s'élevant à 961milliards d'euros, soit presque le triple des exportations de biens en provenance de la France, qui se montaient alors à 346milliards d'euros. À elle seule, l'industrie (516milliards d'euros) contribue à plus de la moitié de ce chiffre d'affaires. L'agroalimentaire, "un des points forts de la spécialisation française à l'exportation", selon l'étude, constitue notamment un secteur de poids.
L'Europe du sud privilégiée
Du côté de l'implantation géographique de ces filiales, l'étude note que les groupes français privilégient le sud de l'Union européenne, notamment l'Espagne et l'Italie. Dans son ensemble, avec 53% des ventes réalisées en 2009, l'Union européenne est la première zone d'implantation des filiales à l'étranger des groupes français. Pour autant, le chiffre d'affaires réalisé en Amérique du Sud ou en Afrique du Nord est également élevé. En revanche, le Proche et Moyen-Orient se distinguent par la faible présence des filiales françaises. "C'est la seule zone, où le chiffre d'affaires des filiales à l'étranger est au même niveau que le montant des exportations réalisées depuis le territoire français (4milliards)", conclut l'étude. Une donne qui pourrait rapidement changer au vu de l'internationalisation des entreprises françaises, notamment via le développement de filiales.
Le commerce extérieur français trouve ses relais de croissance dans les grands marchés émergents.
Et malgré une forte décélération, la demande asiatique reste un point clé de notre réussite à l'international.