Avec 160.000 unités vendues dans 125 pays depuis ses débuts, le fabricant d'imprimantes pour cartes technologiques est le deuxième acteur au monde, derrière Datacard et devant Zebra, deux entreprises américaines. Les machines d'Evolis, fabriquées dans le Maine-et-Loire, sont utilisées pour l'impression de cartes de fidélité (Intermarché), de titres de transports (Pass Navigo pour la RATP), de pièces d'identité (permis de conduire en Inde), dans la santé, l'éducation, l'événementiel et la banque en Asie, devenu le premier segment de marché du groupe. À ce jour, l'entreprise basée à Beaucouzé détient 20% de parts de marché alors même, que la parité dollar/euro lui est défavorable. C'est son innovation, avec l'intégration continue de nouveaux encodeurs dans ses machines, mais aussi la constitution d'un réseau de distributeurs mondial, qui lui a permis de résister aux phénomènes conjoncturels, selon ses dirigeants.
«Démocratiser le produit»
Pour autant, la direction d'Evolis n'entend pas se contenter de ses 400 clients pour continuer de croître. L'objectif est d'installer encore plus de machines, afin de développer la vente de consommables (+25% en 2010), véritable rôle tampon en période de crise. Evolis vient d'ailleurs de créer une marque propre pour renforcer sa notoriété internationale. «Pour les cinq ans à venir, on propose de repositionner l'offre afin de démocratiser notre produit. La gamme (300 références) va être complètement renouvelée. On va adapter nos réseaux de distribution pour capter des marchés plus petits mais aussi nationaux et internationaux. On se donne trois ans pour constituer ce réseau et offrir des solutions packagées «, indique Emmanuel Picot, le P-dg. Objectif avoué: devenir le numéro1 mondial.
Tendre vers le coût chinois
L'esprit de conquête a semble-t-il toujours animé les fondateurs d'Evolis. Mais cette confiance ne saurait être porteuse sans un marché réceptif. Emmanuel Picot en est persuadé: la carte électronique a de l'avenir. La demande de personnalisation, de service, de sécurité serait exponentielle. Le développement attendu d'applications sur les smartphones, notamment dans la monétique, ne constitue pas une crainte à ses yeux. Le dirigeant imagine davantage de nouvelles opportunités dans la décentralisation de l'impression, dans la conduite de projets spécifiques pour les clients et dans la demande provenant des pays émergents. Au premier rang desquels le marché chinois. «On doit continuer à rationaliser pour se rapprocher du coût chinois. Ce sont des efforts considérables mais qui nous permettront à terme de relever ces nouveaux défis.»
Dix ans après sa création, le fabricant d'imprimantes pour cartes technologiques veut devenir le numéro un mondial du marché à 5 ans.