Eurolio (European localized innovation observatory) vient d'être inauguré. Installé à Saint-Étienne, cet observatoire de l'innovation se veut une référence européenne en matière d'aide à la décision. Nadine Massard préside cette nouvelle structure qui regroupe cinq centres de recherche dont un toulousain.
Après son lancement en janvier, Eurolio a été officiellement inauguré en mai. Pouvez-vous nous décrire cette nouvelle structure?
Il s'agit d'un observatoire de l'innovation issu d'une association d'équipes de recherche, spécialisées essentiellement en économie. Eurolio- qui signifie European localized innovation observatory- regroupe en fait cinq centres de recherche français, soit une vingtaine de chercheurs: le Creuset pour l'Université Jean Monnet à Saint-Étienne, tête de pont sur ce projet; le Beta de l'Université Louis Pasteur à Strasbourg; le Gretha de l'Université Bordeaux IV; l'Inist à Nancy; le Lereps de l'Université de Toulouse. es bureaux d'Eurolio sont physiquement établis sur le bâtiment des hautes technologies à Saint-Étienne. Deux ingénieurs d'étude- trois sous peu- travaillent déjà pour Eurolio.
Quel est l'objectif de cet observatoire de l'innovation?
Nous nous sommes rendu compte, au fil de nos travaux, que l'innovation est au centre des dynamiques de compétitivité/attractivité des territoires. Les acteurs publics locaux, les régions, les pôles, les agglomérations, etc. ont besoin d'outils de diagnostic territorial et de positionnement en matière d'innovation. L'idée est de fournir des informations complètes pour analyser les dynamiques d'innovation localisées. Nous allons établir, pour chaque région française, une fiche très précise de son positionnement sur l'innovation par rapport à l'ensemble de l'Europe.
Quels sont vos axes de travail?
Nous avons trois grands champs d'action. D'abord, nous voulons constituer un centre européen de ressources et de méthodes (brevets, enquêtes du ministère de la Recherche ou d'Oséo...). Nous voulons tout rassembler, croiser les bases afin de fabriquer des sources européennes cohérentes. Il s'agit aussi de créer un espace d'échange entre chercheurs, producteurs de données et utilisateurs. Et enfin, nous souhaitons, diffuser de l'information statistique sur les dynamiques locales d'innovation auprès des décideurs publics. Les entreprises peuvent également être intéressées pour avoir des données sur l'innovation de leur territoire, l'intérêt d'intégrer tel ou tel pôle...
Avez-vous des exemples concrets?
Nous avons signé, par exemple, deux contrats avec la Diact (Délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires, ndlr). Nous sommes chargés d'élaborer un tableau de bord de suivi de l'activité des pôles de compétitivité français. Nous devons, d'autre part, élaborer de nouveaux critères d'analyse de l'innovation. En effet, on sait qu'on ne prend pas en compte toutes les dimensions de l'innovation en retenant uniquement le critère du nombre de brevets.
www.eurolio.eu