« C'est un jour important pour nous ». C'est ainsi que Jürg Rami, directeur de l'Euroairport, a accueilli ses invités à l'inauguration du terminal cargo, au terme d'un chantier qui aura duré très exactement deux ans. L'un des plus importants chantiers de la région de ces dernières années. Il aura nécessité un investissement de 40 millions d'euros pour obtenir un bâtiment HQE offrant 21.000 mètres carrés de surface logistique en sept modules et surtout, offrant une température contrôlée, de 15 à 25 degrés. Une caractéristique déterminante qui, associée à une configuration qui permet d'éviter les ruptures de la chaîne du froid, cible directement l'industrie pharmaceutique bâloise. Dans l'immédiat, cinq de ces modules seront en secteur suisse, réservés par Swissport, Cargologic, Planzer, Air Cargo Service et DHL. Deux seront en secteur français, occupés par Air Cargo Logic et Worldwide Flight Service (WFS). Des locataires qui devraient investir environ 3 à 4 millions d'euros supplémentaires pour équiper leurs modules. À court terme, ce sont également 200 à 300 emplois qui pourraient être créés grâce à cette plateforme et qui s'ajouteraient aux 900 déjà existants.
Inscrire l'Euroairport dans le paysage mondial du fret
Les enjeux, pour l'Euroairport, sont majeurs. Cette plateforme veut s'inscrire durablement dans le paysage du fret mondial, poussée en cela par une industrie pharmaceutique bâloise dynamique. Les objectifs, à l'échéance 2020, sont donc ambitieux : près de 170.000 tonnes de fret (contre 98.000 en 2014) avec 10 à 12 vols hebdomadaires, une part de marché sur le secteur qui passerait de 19 à 50 % en récupérant notamment des trafics qui partaient par camion à Zurich, Francfort, voire Paris et, au final, un bassin d'emploi logistique qui pourrait atteindre 1.800 personnes. Déjà, les marques d'intérêt des compagnies aériennes et des logisticiens confortent la pertinence de cet investissement. « Sans lui, le fret cargo serait sans doute mort ici », a ainsi confié Jean-Claude Chuat, représentant les professionnels du secteur suisse. Pour les Français, Farid Yahiaoui, directeur régional de WFS s'est réjoui des « perspectives » ouvertes par ce nouvel outil. Déjà présente, comme d'autres, dans l'ancienne halle qui sera reconvertie pour le fret express d'ici à fin 2015, WFS va ainsi doubler sa superficie sur le nouveau site, récupérant aussi les activités d'Air France Cargo en sous-traitance. Les compagnies aériennes ont également répondu présent. Korean Air, évidemment qui était déjà là. Mais aussi, depuis plusieurs semaines, le Russe ABC, l'Émirati Emirates et la Sud-américaine LAN Cargo, qui ont démarré des liaisons hebdomadaires avec Bâle-Mulhouse. Un début plus qu'encourageant même si Jürg Rami ne cache pas son souhait de voir d'autres compagnies s'intéresser à l'Euroairport pour compléter son offre, notamment vers l'Amérique du Nord.
Logistique Les sept premiers locataires du terminal cargo de l'Euroairport sont connus. Ce bâtiment doit inscrire la plateforme dans le paysage mondial du fret.