La piscine Molitor à Paris, Vanocéa à Vannes, le centre aquatique de Surzur, l'extension de la piscine de Bréquigny sont quelques-uns des chantiers sur lequel intervient la société lorientaise Ethis. Son métier renvoie à l'ingénierie des fluides. Pour l'entreprise, une nouvelle ère s'est ouverte l'an passé avec sa reprise par un duo d'entrepreneurs. Linda Lefèvre et Yves Le Mot ont succédé à Rémy Kervarec à la tête de la société. Passés par de grands groupes Eiffage TP et Suez, pour Yves Le Mot et par Air Liquide pour Linda Lefevre, ils ont exercé des postes à responsabilité mais également à l'étranger notamment au Moyen-Orient.
9 actionnaires
« Depuis très longtemps, j'avais l'idée de me confronter au monde de la PME et d'entreprendre », confie Yves Le Mot. À leur retour en 2013, ils ont « quitté en bons termes » leurs entreprises. Finalement, leur choix se portera sur Ethis. « Le closing s'est effectué le 30 juin 2015. Nous avons pris un fonds d'investissements à nos côtés avec Unexo (groupe Crédit Agricole). » Au total, neuf actionnaires sont au capital d'Ethis. « Nous sommes majoritaires. Il y a également Unexo, trois salariés de l'entreprise et nous avons fait appel au love money. »
Les centres aquatiques : 80 % du CA
Sur un plan pratique et s'appuyant sur leurs expériences précédentes, ils se sont partagé le pilotage de la société. Yves Le Mot prend en charge la direction, le management et la direction opérationnelle quand Linda Lefèvre se consacre plus à la direction technique et au développement commercial. Leur feuille de route est assez claire. Ils souhaitent s'appuyer sur les savoir-faire et notamment sur le positionnement du cabinet d'ingénierie qui est « leader en France sur le marché des bureaux d'études spécialisés dans les piscines. » 80 % des 3,5 millions d'euros de chiffre d'affaires de l'entreprise proviennent des piscines, centres aquatiques, thalassothérapie, centres de thermalisme ou des aquariums. Une activité de niche et qui, pour les piscines, dépend beaucoup des collectivités publiques et du cycle de leurs projets. Intervenante également sur d'autres types de fluides comme les réseaux de chaleurs pour des gymnases, stades, des hôpitaux ou des Ephad, la société va développer sa partie services. « Nous allons également mettre en avant les compétences en audit, en diagnostics et dans l'aide aux gains de performances pour les énergies et autres réseaux de chaleurs », détaille Linda Lefèvre.
Privé et export
Sur la répartition des marchés, l'accent sera également mis sur un plus grand essor de la clientèle privée. Les leviers de croissance qui seront actionnés renvoient à l'international. « C'est aujourd'hui l'un de nos potentiels de développement majeur. Nous l'envisageons via un accompagnement de nos clients, notamment les architectes sur des projets internationaux. De par nos précédentes expériences, la Chine et le Moyen-Orient nous intéressent. » À moyen-terme, ils envisagent de structurer l'entreprise par pôles d'activités et de recruter. Quatre à cinq collaborateurs supplémentaires devraient rejoindre l'équipe d'ici à 2020.
Croissance externe ?
À plus long terme, l'opportunité de faire de la croissance externe n'est pas exclue. En attendant, l'objectif est de consolider le chiffre d'affaires. « Comme dans l'ensemble du bâtiment, depuis un an et demi, les mises en chantier ont baissé. Notre prochain CA sera en retrait. Et dans nos métiers, les répercussions des actions prennent du temps. Nos actions d'aujourd'hui se mesureront sur l'exercice 2017 - 2018. »
Ségolène Mahias
Ingénierie Yves Le Mot et Linda Lefèvre ont repris Ethis, le cabinet d'études dédiées aux fluides et énergies. La société lorientaise est un acteur majeur sur le marché des centres aquatiques. Elle vise également un essor sur ses activités de services et à l'export.