Escota ne mégote pas sur les investissements
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Escota ne mégote pas sur les investissements

Autoroute. Escota investit en 2016 quelque 64 millions d'euros dans une dizaine d'opérations visant à améliorer et sécuriser le trafic sur les 60 km azuréens de l'autoroute A8. Mais l'investissement de la filiale de Vinci Autoroutes ne se limite pas à l'infrastructure, il bénéficie aussi aux start-ups locales.

Souvenez-vous. En octobre 2014, Christian Estrosi, à la faveur d'un rapport de la Cour des Comptes dénonçant les bénéfices des sociétés concessionnaires d'autoroute, montait au créneau en exigeant la gratuité du péage du contournement Nice-Nord. Escota, gestionnaire de l'A8, avait alors fait le dos rond, attendant que la polémique retombe. La séquence a toutefois laissé des traces, notamment en termes d'image. D'où l'effort de communication de la filiale de Vinci Autoroutes sur les investissements - 64 M€ - qu'elle consacrera en 2016 à la portion azuréenne de son réseau. « On voit bien qu'il y a de fortes attentes des usagers, mais peu de lisibilité sur nos actions. Il s'agit de montrer qu'Escota remplit ses missions - à savoir délivrer un service de qualité au quotidien et des infrastructures de plus en plus performantes - sur cette autoroute complexe à exploiter dans un des secteurs les plus contraints de France », explique son directeur général Paul Maarek.

Des ouvrages d'art à la pelle
Il faut dire que chaque année, Escota réalise en moyenne pour 80 à 100 M€ de travaux sur les 460 km de son réseau. Le département des Alpes-Maritimes en capte généralement la majorité, et ce de manière mécanique du fait de sa configuration géographique qui nécessite la réalisation et le maintien de nombreux ouvrages d'art. Rien que sur les 30 km qui relient Nice à la frontière italienne, on compte 17 viaducs, 18 tunnels, bientôt 19 avec celui de la Borne romaine (60 M€ d'investissement dont 16 en 2016). Ajoutez à cela des phénomènes météorologiques assez violents et un trafic parmi les plus denses de France (145.000 véhicules par jour sur le pont du Var), bref, la gestion de l'autoroute azuréenne n'a rien d'un long fleuve tranquille. « Les capitaux à mobiliser pour réaliser et maintenir une telle infrastructure sont très importants, reprend le dirigeant. Les péages, inscrits dans le contrat de concession qui nous lie à l'Etat, nous donnent de la lisibilité en termes de recettes et nous permettent de nous financer sur les marchés. Sans cette stabilité contractuelle, il nous serait très difficile d'investir. » Dont acte ! Une dizaine d'opérations seront ainsi lancées ou finalisées cette année. Elles visent à sécuriser l'autoroute (prévention des chutes de blocs, insertion plus longue au niveau de Menton...) et à fluidifier son trafic, notamment au niveau des accès. Celui de Sophia Antipolis, par exemple, sera doté d'une nouvelle sortie permettant, table Escota, de réduire de 40 à 45% la longueur des retenues. Des travaux qui bénéficieront, pour les 2/3 des montants investis, aux entreprises locales.

Open Innovation
Toutefois, l'investissement d'Escota ne se limite pas à l'infrastructure autoroutière. En effet, à travers différents outils (hackathon, Vinci startup Tour, Accélérateur), Vinci Concessions, donc Escota, s'est engagé depuis une paire d'années dans une démarche d'open innovation. « On ne peut pas rester en dehors de cette révolution technologique qu'est le digital. Surtout ici, où les enjeux de mobilité sont forts. Nos clients attendent de nouveaux services. A cet égard, Escota est largement impliqué dans cette réflexion », assure Paul Maarek. A l'image de l'accélération de la jeune pousse niçoise Wever, spécialisée dans le co-voiturage urbain communautaire. « C'est l'aspect communautaire qui nous intéresse particulièrement, poursuit-il. Nous travaillons au développement de services adaptés aux usages de nos clients en fonction de la communauté à laquelle ils appartiennent. Un supporter de l'OGC Nice n'a pas les mêmes besoins qu'un chauffeur routier ou qu'un salarié de Sophia. C'est là où on se rejoint avec Wever. Ils ont une approche complémentaire à la nôtre, ce qui justifie des actions de co?innovation. C'est cela qui nous guide dans le choix des start-up que l'on accélèrera ». Et le dirigeant de se dire déterminé à travailler avec l'écosystème local. « Je suis assez preneur de partenariats avec les entreprises de la French Tech Côte d'Azur en particulier. »

Escota (Mandelieu la Napoule) Dirigeant : Paul Maarek CA 2014 : 700 M€ 1.100 personnes Tél. : 04 93 48 50 01 paul.maarek @vinci-autoroutes.com

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