Éric Zemmour : L'homme aux ciseaux d'or

Éric Zemmour : L'homme aux ciseaux d'or

Coiffeur ambassadeur pour L'Oréal International, créateur d'image et coach pour M6, Éric Zemmour dirige le groupe de salons de coiffure éponyme qu'il développe depuis peu en franchise. Portrait d'un azuréen atypique et pressé qui n'en finit plus de courir...

Bien malin celui qui peut définir en quelques mots l'homme à la tête des salons de coiffure Éric Zemmour. Coiffeur-créateur reconnu par ses pairs, ambassadeur des produits L'Oréal Professionnel, partie prenante de l'équipe de création de la Haute Coiffure Française, coach redresseur de salons à la dérive pour M6... Éric Zemmour est aussi et surtout un chef d'entreprise qui chapeaute sept salons, soit «60 personnes pour un chiffre d'affaires de 2,5millions d'euros». Il dit: «Cela ne va jamais assez vite pour moi: c'est comme quand on marche, on a tout de suite envie de courir. Seulement, il ne faut pas tomber!» Alors, Éric Zemmour court, tout en prenant soin de bien vérifier ses lacets, histoire de ne pas s'emmêler les ciseaux et de risquer la chute. Une course volontaire débutée à 18 ans, CAP de coiffure en poche. L'adolescent quitte alors Aix-en-Provence. Direction la Côte d'Azur et l'école Balzac où il passe son brevet professionnel, puis travaille pendant 12 ans dans le salon familial. Car, chez les Zemmour, la coiffure, c'est aussi une affaire de famille.




5 salons en 10 ans

Durant cette période, le jeune homme fait ses armes. «J'ai pratiqué la coiffure dans toutes ses formes, avec ou sans salaire. Ce que je voulais, c'était apprendre, connaître la mode et les tendances, aller plus loin, être autre chose qu'un simple coiffeur au fauteuil.» Éric Zemmour commence donc par intégrer le CACF (Comité artistique de la coiffure française): «On se retrouvait entre coiffeurs pour échanger des idées et, deux fois par an, on faisait des petits shows sponsorisés par des marques». Bonne pioche puisque, très vite, L'Oréal le repère et lui propose de rejoindre son équipe de coiffeurs associés (200 en France). Et rebelote, l'homme multiplie les démonstrations, mais cette fois-ci à l'échelle nationale. «Ensuite, les choses sont montées crescendo»: concours, défilés de mode, tournages de films, Éric Zemmour prend de l'assurance. Si bien qu'«à 30 ans, j'ai eu envie d'exister différemment.» Dont acte! Le coiffeur s'associe avec sa femme, Nathalie, et monte sa première affaire en 1995, avenue de Suède, dans le carré d'or niçois. «On est sur un concept haut de gamme, sans le côté ostentatoire et inaccessible. On joue sur l'élégance, le savoir-faire et le service.» Une façon de se différencier dans un marché hyperconcurrentiel où prédominait alors «le quick service, pas cher et rapide: des coupeurs de cheveux et basta!» Un positionnement pertinent puisque dès 2000, l'enseigne s'exporte à Monaco. La course d'Éric Zemmour s'accélère... Suivra Cap 3.000 à Saint-Laurent-du-Var en 2002, «une opportunité énorme de par le trafic généré par le centre et sa situation centrale dans le département». En mars, le salon migrera dans un nouvel espace de 240m², dont 80m² dédiés aux soins esthétiques. Une offre complémentaire qu'il développera dès 2003. Puis, ce sera Cannes, encore en 2003, et Menton en 2004.




L'Oréal comme tremplin

Entre-temps, Éric Zemmour monte un échelon supplémentaire et devient en 1999 coiffeur ambassadeur pour L'Oréal Professionnel (7 en France), avant d'intégrer l'équipe de création de la Haute Coiffure Française en 2002. Ainsi, le coiffeur se fait créateur, sillonne le monde entier, et monte 2 collections par an présentées au Carrousel du Louvre à Paris devant «les meilleurs clients de L'Oréal International». L'homme y gagne en savoir-faire, l'entreprise en notoriété. «On crée un rendez-vous avec la consommatrice, on génère du trafic dans les salons.» Un flux facilité par des campagnes de communication presse nationale et internationale, dont une grande partie est sponsorisée par L'Oréal. Aujourd'hui, Éric Zemmour n'est pas encore arrivé au bout de sa course. Au contraire, l'homme se lance dans l'aventure de la franchise et se donne encore 10 ans pour atteindre la ligne d'arrivée. Où se situera-t-elle? Mystère. «Ce que je sais par contre, c'est que je suis un passionné et que j'ai la niaque!»