Éric Le Jaouen (CJD) : «Pour un libéralisme plus responsable»

Éric Le Jaouen (CJD) : «Pour un libéralisme plus responsable»

À l'occasion du congrès annuel du Centre des jeunes dirigeants (CJD) Rhône-Alpes, les 19 et 20juin, à Lyon, son président, Éric Le Jaouen, revient sur les valeurs et les actions menées.


Quel a été votre parcours avant d'accéder à la présidence du CJD Rhône-Alpes?


Je suis rentré au CJD en 2003 dans la section de Saint-Étienne pour rompre mon isolement de dirigeant d'entreprise et évoquer des problématiques liées au management et à la gestion de l'entreprise. Très vite s'est posée la question de l'engagement dans le mouvement. Comme nous avons des mandats de deux ans non renouvelables et comme nous n'étions pas très nombreux, je suis rapidement devenu président de section de 2005 à 2007. J'ai ensuite été élu président de région fin 2007, mais je n'ai pris mes fonctions que fin 2008, après une année de dauphinat.
Des mandats courts, non renouvelables, cela fait partie des valeurs du CJD?
Effectivement. Le CJD est un mouvement de jeunes dirigeants qui a été fondé en 1938 avec deux objectifs toujours d'actualité: réhabiliter la fonction patronale au sein de l'opinion publique et promouvoir une économie au service de l'homme. Dans la gouvernance de notre mouvement, nous avons souhaité dès le départ avoir des mandats courts et non renouvelables pour ne pas installer les personnes. Le CJD est un mouvement de parcours qui doit permettre de rebondir vers d'autres horizons, personnels ou dans l'engagement patronal.
Quelles sont les actions menées par le CJD?
Le CJD travaille sur quatre piliers. Le premier, c'est la formation. Nous pensons que l'on ne s'improvise pas dirigeant comme ça. Nous organisons donc des forums de formation sur le management, les finances, les ressources humaines, mais aussi le développement personnel. Les chefs d'entreprise peuvent ensuite suivre le parcours Copernic, que nous avons co-construit avec des universitaires, l'EM Lyon, HEC... et qui

devrait aboutir à un grade de master. Le deuxième pilier du CJD, c'est l'expérimentation. Il y a trois à quatre ans, nous avons expérimenté la diversité. Nous avions également expérimenté les 35heures avec à la clé un rapport sur les limites du système. Bref, le CJD a un peu une fonction de laboratoire d'innovations économiques et sociales. Le troisième pilier, c'est l'influence. Nous ne sommes pas un syndicat patronal, mais nous sommes associés à toutes les grandes réflexions nationales sur l'entreprise. Cette influence se fait surtout à Paris. C'est un peu plus difficile en région. À Marseille, le CJD est incontournable. En Rhône-Alpes, c'est un peu moins vrai.


Et le quatrième pilier?

C'est la réflexion. Aux niveaux national et régional, nous avons un certain nombre de commissions et groupes de réflexion qui mènent des études sur des thématiques de fond.


L'actualité, c'est aussi votre congrès régional. Quel en sera le thème?

?Viv®e l'entreprise ?: on va traiter de la place de l'homme dans l'entreprise. Et puis, on va surtout s'interroger sur le modèle de l'entreprise d'aujourd'hui et sur les modèles de demain. La crise aurait dû être l'occasion de repenser l'entreprise, mais ce n'est pas le cas. La vraie réforme du capitalisme n'a pas eu lieu. L'idée du congrès est donc d'amener nos adhérents dans des champs de réflexion où ils n'ont pas l'habitude d'aller et de les inciter à expérimenter des choses nouvelles dans leur entreprise.


Quels sont ces nouveaux modèles?


Entre l'entreprise classique et l'économie sociale et solidaire, il y a des modèles intermédiaires. Nous sommes très intéressés par exemple par les modèles qui se développent au Brésil et plus généralement en Amérique du Sud. L'objectif n'est pas de réinventer une entreprise totalement nouvelle; ce que l'on souhaite, c'est un libéralisme plus responsable qui replace l'homme au service de l'économie. Je ne crois pas à la responsabilité du système, mais à celle des acteurs du système.