«Il n'y a pas une bonne méthode, mais il faut se mettre d'accord sur laquelle utiliser, la faire progresser et toujours utiliser la même. Une nouvelle campagne de mesures sera effectuée dès cet été.» Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie, veut fixer une bonne fois pour toutes une méthodologie commune à l'État, aux associations et aux industriels pour mesurer les émissions de mercure par les fabricants de chlore par électrolyses à cathode de mercure. Cela fait suite à des mesures relevées par France nature environnement, qui étaient au-dessus des niveaux annoncés par les industriels, notamment sur le site d'Arkema à Jarrie (Isère). Chantal Degrendèle, directrice du site isérois d'Arkema, se dit «favorable à une nouvelle campagne de mesures. Nous souhaitons travailler en transparence. Nous utilisons des méthodes agréées par la profession depuis plus de dix ans et communiquons les résultats à la Drire et à France nature environnement.»
Révision du calendrier et aide de l'État
La secrétaire d'État, qui a rencontré en préfecture les différentes parties, a annoncé, en plus de cette campagne, une révision du calendrier. Une convention internationale fixait la fin de l'utilisation du mercure dès 2009, date qui avait été reportée à 2019 en France. Chantal Jouanno dit vouloir «réduire les délais tout en restant pragmatique». Le nouveau calendrier devrait être fixé à l'automne. «Mais il n'est pas question de mettre par terre des emplois.» Une aide financière de l'État pourrait donc être apportée aux industriels. «Une proposition a été faite au Premier ministre.» Si rien n'est encore décidé, cette subvention pourrait être équivalente à ce qui se pratique dans d'autres pays européens, soit environ 20% du coût pour les industriels, coût qui est estimé entre 10 et 20M€ par site. Chantal Degrendèle parle, elle, d'une «décision stratégique d'entreprise» pour réduire les délais. Quant à modifier les méthodes de fabrication, «c'est un investissement très important, de l'ordre de 500 à 1.000€ par tonne de chlore produite. Nous en produisons 160.000 tonnes par an. Aujourd'hui, le contexte économique est peu favorable à de tels investissements.» Autre annonce faite par Chantal Jouanno: la création d'un secrétariat permanent de protection et de prévention des pollutions industrielles. Sorte de «mini Grenelle au niveau local, il réunira l'État (NDLR: la Préfecture), les industriels, les associations, les représentants des salariés et des experts. Tous les sujets pourront être abordés.» Quinze de ces secrétariats locaux devraient être créés en France.
La secrétaire d'État à l'Écologie a annoncé une série d'actions de prévention autour de l'utilisation de mercure par les industriels de la chimie.