Entreprises technologiques.Les fonds sont au rendez-vous

Entreprises technologiques.Les fonds sont au rendez-vous

Les rendez-vous professionnels entre porteurs de projet et industriels, laboratoires et capital risqueurs se multiplient. L'occasion pour les entreprises technologiques de faire valoir leur potentiel.

A l'image du Forum 4i, qui rassemble à Grenoble les entreprises innovantes, plusieurs manifestations sur les sciences du vivant ont vu le jour récemment à Lyon. Le Clara (Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes) et Lyon Science Transfert (service de valorisation de l'université de Lyon) ont ainsi organisé ?Le 29novembre 2010?, une journée d'échanges entre les mondes académique et industriel sur des projets innovants issus de la recherche publique. En fusionnant dans une seule manifestation le Bio innovation day initié en 2008 et les rencontres industrielles académiques du Clara, l'enjeu, selon Sandrine Carteau, responsable pôle bio-santé de LST, est de «créer un événement d'une taille critique suffisante pour attirer des partenaires au-delà de la région.» «La recherche en sciences de la vie est un processus très long et coûteux, qui nécessite beaucoup d'intervenants», rappelle Laurent Levy, directeur finances et valorisation du Clara qui pense qu'il vaut mieux «aider les entreprises à potentiel plutôt qu'encourager la multiplication de petites structures».

PME et financiers face à face
Pour mettre en relation entreprises et investisseurs, en complément de rendez-vous bien ancrés, comme le BioTuesday, lancé voilà huit ans, le pôle de compétitivité Lyonbiopôle organise des rendez-vous réguliers. Tout d'abord, sous forme de journées dédiées à un investisseur privé, avec des rendez-vous individuels suivis d'un atelier formation et de networking. «Nous avons démarré en juin, à la demande des investisseurs, et déjà organisé des journées avec Ventech et CIC Vizille Capital Innovation, explique Isabelle Scarabin, directeur des affaires économiques et internationales de Lyonbiopôle. Nous poursuivrons au premier semestre avec Sofimac, la Sham et Crédit Agricole Private Equity.» De plus, le pôle organise la deuxième édition de la journée annuelle sur le ?financement privé et PME? ce 3décembre, en partenariat avec Créalys et Oséo. Pour les capitaux risqueurs, cette mise en contact est appréciable: tous à l'affût du projet à fort potentiel qui colle à leurs critères de sélection, ils multiplient ainsi leurs chances de l'identifier.

Des fonds complémentaires
Dans la région, nombre de capitaux risqueurs s'intéressent à ces entreprises des sciences du vivant (incluant ou non les biotechnologies), les technologies de l'information (IT) et, nouvelle tendance, les cleantech. Sébastien Touvron, directeur adjoint de Sigefi Venture Gestion (Siparex), dont le portefeuille est constitué pour plus de la moitié d'entreprises des NTIC et 35% de sciences du vivant, plaide pour ces forums, «un concentré de temps très efficace». «Nous sommes toujours en concurrence entre investisseurs sur de bons projets. Le premier qui le détecte structure l'opération pour la partager avec un ou deux confrères. Nous avons la chance de ne pas travailler les uns contre les autres: il vaut mieux partager les risques.» Une concurrence saine qui multiplie les chances, pour les porteurs de projet, de rencontrer la bonne ?équipe? de financiers et voir aboutir leur dossier. Pour Alexia Perouse, partner venture capital chez Crédit Agricole Private Equity, l'arrivée de nouveaux acteurs à Lyon, comme la Sham, est ainsi appréciable. «Lors d'une syndication, chacun apporte son point de vue, son expertise, son réseau. C'est très constructif.»

À quand un forum cleantech?
Le domaine des cleantech n'a pas encore son rendez-vous d'affaires local, même si des soirées réseau sont déjà organisées. Sans doute une question de temps: le marché est encore trop jeune et les fonds régionaux l'abordent pas à pas. «Nous avons vocation à voir croître la partie cleantech car il y a une forte demande de nos clients, qui sont nos souscripteurs», confie Sébastien Touvron. Investir dans une innovation verte est pour les entreprises traditionnelles un moyen d'intéresser les capitaux risqueurs. «Il faut laisser le temps aux entreprises cleantech de créer leur écosystème, analyse Karine Lignel, directeur de participations chez CIC Vizille Capital Finance. Nous n'avons pas encore identifié de dossier qui nous convienne.Mais on voit bien parmi les projets en incubation chez Créalys, par exemple, que ce secteur démarre.» La société, qui a vu ces dernières années son portefeuille se renforcer sur les sciences du vivant, au détriment de l'électronique «qui n'est plus très centrée sur l'Europe», sera prête, tout comme ses confrères, à prendre le virage? vert? le moment venu.