Ce n'est pas un coup de théâtre mais c'est un vrai coup dur pour Jean-Jack Queyranne et son équipe. La commission permanente de la Région a rejeté la subvention d'ERAI. Subvention de 4,7 millions d'euros représentant plus de 60% du budget d'Entreprises Rhône-Alpes International. Une situation qui devrait entrainer la mise en liquidation judiciaire de la structure très rapidement.
Depuis plusieurs mois, le torchon brûle entre la majorité socialiste et EELV sur cette question. Accusée d'inefficacité et de gaspillage de l'argent public, Erai avait néanmoins réussi à obtenir en début d'année, à l'arraché, son financement pour le premier trimestre. Exploit rendu possible notamment par l'abstention de l'UDC (Union de la droite, du centre et des apparentés). Une UDC qui s'est finalement ralliée ce matin au groupe Ecologistes-Les Verts.
Le rapport de financement présenté ce matin prévoyait pourtant de nombreuses conditions suspensives, notamment le changement de gouvernance et le recentrage de la structure. Mais elles n'auront pas suffi à rassurer. EELV, UDC et le FN ont voté contre.
"Aujourd'hui, dans une ultime tentative de sauvetage, il était proposé de continuer à subventionner ERAI en demandant dans des termes très vagues, une meilleure gouvernance. La Région s'apprêtait une nouvelle fois à subventionner pour des millions d'euros une structure qui n'a pas su donner les gages de sa bonne gestion. Quant la moindre petite association doit fournir des garanties pour obtenir une subvention, Erai a obtenu des millions sans jamais être transparente sur leur utilisation", explique Jacques Mercier, conseiller régional EELV. Le groupe recommande la mise en place d'une nouvelle structure qui reprendrait une partie des salariés d'Erai.
Une option que repousse énergiquement Jean-Louis Gagnaire, vice-président de la Région en charge du développement économique. "Il est hors de question de créer une nouvelle structure. Les même causes produiront les mêmes effets ! La Région internalisera peut-être certaines actions, notamment au niveau des PDI (plans de développement à l'international NDLR) mais ce sera uniquement des lambeaux d'activité et nous ne pourrons pas intégrer les salariés d'Erai. C'est la fin !". Furieux du vote jugé "très politique" à un an des élections régionales, Jean-Louis Gagnaire dénonce une attitude irresponsable.
La liquidation d'Erai entrainera le licenciement des 130 salariés et la fermeture, à moyen terme, des 27 bureaux à travers le monde.
La réaction de Daniel Gouffé
« Le financement d’ERAI a été rejeté ce matin par la Commission Permanente du Conseil régional Rhône-Alpes. Dans un contexte où malheureusement ERAI a été instrumentalisée à des fins politiques, je déplore l’irresponsabilité des élus qui, en toute conscience, mettent en péril 126 collaborateurs et leurs familles ainsi qu’un outil reconnu au niveau national et international. Je regrette cette décision très grave qui touche les centaines d’entreprises qui nous font confiance et qui s’appuient sur ERAI pour créer de la richesse et des emplois. Je remercie les représentants des milieux économiques qui, spontanément, s’engagent à nos côtés afin qu’ERAI puisse poursuivre les missions qu’elle assure depuis son origine. Dans ce contexte de carence de subvention publique, toutes les équipes d’ERAI en France et dans les 27 bureaux à travers le monde restent, plus que jamais, pleinement mobilisées au quotidien et pour l'avenir. »
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