Docteur en physique, Alain Gargani a créé la société Atout Organisation Science (AOS), spécialisée dans l’organisation de congrès dans le domaine scientifique et médical, en 1996. L’entreprise marseillaise compte aujourd’hui une trentaine de salariés pour environ 4 millions d’euros de marge brute et produit des émissions de télévision sur la santé pour des chaînes de télé locales ou pour Youtube. En 2020, en plein cœur de la crise liée à la pandémie du Covid 19, Alain Gargani a par ailleurs lancé Alga, le premier palais des congrès virtuel. "Avec la reprise des événements en présentiel, Alga a poursuivi son activité. Nous amenons un véritable plateau télé sur site et nous enregistrons conférences et émissions, qui vont pouvoir ensuite être revues en replay", confie Alain Gargani, qui précise qu’Alga réalise ainsi désormais une centaine d’hybridations virtuel/présentiel par an.
Le marseillais brigue désormais à la succession de François Asselin, en poste depusi une décennie, à la présidence de la CPME nationale. Le mandat est aussi convoité par Amir Reza-Tofighi et Gaëtan de Sainte Marie. Les 112 unions territoriales et les 122 fédérations composant la CPME départageront les trois candidats lors d'un vote ce 21 janvier.
Président régional depuis 2019
Très vite, dès la création de l’entreprise Alain Gargani a ressenti le besoin et la volonté de s’engager professionnellement, en parallèle de son activité de chef d’entreprise : président de la Jeune chambre économique (JCE) de Marseille, chambre de commerce et d’industrie… "Quand on est un scientifique, on n’a pas été formé à l’entrepreneuriat. La JCE a ainsi été une très belle école de formation. J’ai ensuite découvert ce qui s’appelait alors la CGPME 13 et cela a été le début de l’histoire", se souvient-il. Il devient ainsi successivement président départemental Bouches-du-Rhône, puis, depuis 2019, président régional de la CPME Sud. "Depuis cette date, je travaille à faire grandir le syndicat en Région en déployant la marque sur l’ensemble des territoires". Depuis trois ans, il est également entré au Comité exécutif national où il a notamment pour mission d’accompagner les différents présidents des territoires.
Aujourd’hui candidat au poste de président national du syndicat, Alain Gargani précise : "Dans mon entreprise, je suis en phase de transmission à mon fils Alexy, actuellement directeur commercial d’AOS et directeur général d’Alga. Sa présence m’a permis de me dégager du temps pour mes engagements. Je suis ainsi totalement en phase avec les valeurs du syndicat qui milite pour défendre les valeurs des entreprises familiales régionales".
Défendre l’entreprise
Avec trente ans d’expérience au sein de la CPME, de contacts avec l’ensemble des fédérations d’entreprise, des syndicats professionnels et salariés, de connaissance des différents territoires, Alain Gargani souligne sa capacité à fédérer l’ensemble des acteurs économiques pour défendre l’entreprise. "Je serai le président de toutes les fédérations et de tous les territoires", martèle-t-il avec conviction. "Au moment où l’économie est en danger, il faut une union sacrée. Il est essentiel de pouvoir faire la connexion entre toutes les parties prenantes et, pour être efficace, il faut jouer collectif ! Il faut parvenir à dégager des intérêts collectifs à toutes les fédérations".
"Je milite pour une loi qui impose une stabilité sur trois ans"
Son premier combat, il entend le consacrer à la baisse des charges pesant sur les entreprises. "Les normes constituent également un problème typiquement français. Nous sommes champions du monde de la surtransposition des normes européennes. Je milite pour une loi qui impose une stabilité sur trois ans. Plus de nouvelle fiscalité et plus de nouvelles normes durant ce délai. Je propose que l’on constitue un groupe d’une cinquantaine de PME et qu’avant de voter une loi, on teste son applicabilité sur ces entreprises". Autre ambition du candidat : favoriser la transmission des entreprises et notamment la reprise par les salariés. "Une entreprise ne doit pas fermer car elle n’a pas trouvé de repreneur…"
Constituer des groupes de parlementaires
Pour parvenir à des résultats, Alain Gargani entend mettre en place des groupes de parlementaires sur les territoires afin de mieux communiquer avec les députés. Leur montrer le fonctionnement et les enjeux d’une entreprise. "Les TPE-PME travaillent à 98 % en local, en circuits courts et sont trop souvent négligées. Nous ne sommes que des variables d’ajustement et cela doit changer. Actuellement, après le Covid, les hausses des prix de l’énergie, des matières premières, la guerre en Ukraine et l’instabilité politique, l’économie est en mode survie. Je veux contribuer à redonner l’espoir aux dirigeants. Je suis réellement un entrepreneur positif". L’engagement environnemental fait également partie des priorités du candidat. "L’entreprise doit se réinventer et porter une nouvelle vision. Il faudrait montrer aux jeunes, dès le collège, ce que l’entreprise apporte et peut offrir. Il faut redonner du sens au travail et notamment prendre en compte l’éco responsabilité", conclut-il.