Quelle impulsion avez-vous envie de donner à Réseau Entreprendre Nord ?
C’est une institution que je connais très bien puisque j’ai intégré le Réseau en tant que chargé d’affaires et responsable du pôle Émergence en 2014. À l’époque, je participais déjà à la sélection et à l’accompagnement des entrepreneurs. Lorsque les membres du conseil d’administration m’ont proposé de reprendre la direction suite au départ de Marc Burden, j’ai accepté immédiatement le challenge.
Je suis titulaire d’une licence en finances et d’un master en management des entreprises, donc naturellement, j’ai pensé à monter ma propre entreprise. Mais, j’ai très vite réalisé que j’étais davantage porté par la relation humaine et l’accompagnement. C’est pourquoi j’ai travaillé pour différents cabinets dans l’accompagnement de dirigeants avant de rejoindre Réseau Entreprendre Nord. Je me sens pleinement dans mon rôle lorsque je vois un dirigeant se révéler et grandir. Il va être confronté dans son parcours à des freins qu’il n’a pas encore identifiés. Nous sommes justement là pour baliser son chemin et l’aider à franchir toutes les étapes. Entreprendre, c’est courir un marathon plus qu’un sprint.
Pourquoi le mot de "challenge" revient souvent dans votre conception de l’entrepreneuriat ?
Pour moi, créer une boîte et la diriger, c’est comparable à une compétition sportive. J’ai beaucoup pratiqué le squash en compétition puis me suis mis à la course à pied. On retrouve les mêmes notions de limites et de dépassement de soi. Actuellement, je prépare le semi-marathon. Cette aventure est semblable en tous points à celle de l’entrepreneuriat : il faut s’entraîner et savoir s’entourer des bonnes personnes. Il faut également savoir établir un programme d’avancées et être en capacité de définir ses limites pour mieux les dépasser. Quand on pratique un sport à un certain niveau, on doit retrousser ses manches et faire preuve d’engagement, tout comme un dirigeant à la tête d’une entreprise.
Comment accompagnez-vous les dirigeants dans ce dépassement de soi ?
J’aime bien écouter les entrepreneurs pour savoir ce qu’ils ont dans les tripes. Cela révèle généralement leur position : sont-ils confiants ou sont-ils en train de se brider ? Ensuite, nous les aidons à poser les choses, les clarifier et identifier les bonnes personnes pour les accompagner. Notre force réside dans le fait d’être un réseau d’entraide et non un réseau de business ou d’affaire. L’idée, c’est de grandir ensemble et d’échanger les expériences. Nous proposons à une quarantaine de chefs d’entreprise un programme gratuit qui s’étale sur trois ans. Nous avons à la fois des rendez-vous formels sur des thématiques précises comme le développement international ou la digitalisation ; et des moments plus intimistes que l’on peut comparer à un coaching individuel.
Quelles sont les prochaines grandes orientations de Réseau Entreprendre Nord ?
En 2023, nous avons défini ce qu’on appelle notre "vision 2030". Trois grandes thématiques se dégagent : l’utilité, la circularité et la coopération. On assiste aujourd’hui à une vraie revanche des territoires grâce à un ancrage local des activités. Le contexte économique est certes plus complexe et plus incertain mais des opportunités existent, surtout si on joue collectivement.
Depuis sa création en 1986, Réseau Entreprendre Nord a accompagné 1 000 lauréats, contribué à sauvegarder ou créer 28 000 emplois directs et investi 30 millions d’euros en prêts d’honneur. 500 chefs d’entreprise se disent prêts à partager leurs expériences et histoire. Ils agissent comme des parrains bienveillants.