Entreprendre Bretagne : Au coeur d'un comité d'engagement
# Réseaux d'accompagnement

Entreprendre Bretagne : Au coeur d'un comité d'engagement

REB 22 a ouvert les portes d'un comité d'engagement au Journal des entreprises des Côtes-d'Armor. Cette immersion permet d'appréhender le fonctionnement d'une structure qui accorde davantage d'importance à l'homme qu'au projet.

Rendez est pris à 8 h 30 un vendredi matin au siège de la chambre de commerce et d'industrie. Une fois tous les deux mois environ, la section costarmoricaine du réseau Entreprendre Bretagne réunit un comité d'engagement pour auditer les porteurs de projets qui ont sollicité son concours financier et humain. « Plusieurs filtres ont préalablement réalisé afin de ne garder que des idées viables et pérennes, précise d'emblée Yannick, président de REB 22 et monsieur loyal de la matinée. Nous sommes là pour poser des questions sur le concept, l'innovation ou le marché mais avant tout sur l'homme et ses motivations profondes. »




Pas un tribunal

Après un rapide tour de table qui permet aux membres bénévoles du réseau de se présenter et au président de rappeler les règles de la matinée, Yann Mc Garry, fondateur de Ticatag à Lannion fait son entrée dans la salle. Ambiance studieuse mais détendue pour une session qui ne compte finalement qu'un dossier à l'ordre du jour. « Nous ne sommes pas un tribunal, rassure Yannick Diveu devant un postulant un brin impressionné malgré son expérience au sein du groupe Alcatel. Notre objectif est de vous écouter pendant une quinzaine de minutes puis, dans un second temps, de vous poser l'ensemble des questions qui permettront de faire mûrir notre réflexion. »




Aucun support

Sans aucun support projeté, Yann Mc Garry entame la description de son parcours, de sa volonté d'entreprendre dans l'univers des objets connectés et surtout de présenter les raisons qui l'ont amené à solliciter le concours de REB. Le P-dg de Ticatag essaye de vulgariser au mieux son métier devant un parterre de patrons travaillant dans des secteurs de l'industrie, des assurances, des services à l'entreprise ou des banques. « Je ne suis pas à la recherche fondamentalement d'argent car Ticatag a déjà réalisé plusieurs levées de fonds. Je souhaite davantage bénéficier d'un accompagnement dans le pilotage de l'entreprise. »




Nécessaire unanimité

L'argument fait mouche auprès de Yannick Diveu et de ses confrères quand démarre la séquence de questions/réponses. Quelle clientèle ? Quelles perspectives de marchés ? Des brevets ont-ils été déposés ? Combien d'emplois créés ? Yann Mc Garry répond sans sourciller à la kyrielle d'interrogations. Après trente minutes d'échange, le président Diveu le remercie pour son exposé et l'invite à se retirer pour que le jury puisse débattre à huis clos. « C'est une étape importante car l'unanimité est essentielle pour soutenir un projet. »




Dur de se faire un avis

Le premier tour de table est consacré à homme. « Professionnel », « parfaite connaissance du projet », etc. Yann Mc Garry a conquis son public. « C'est parfois dur de se faire un avis en 30 minutes. Il nous est arrivé de nous faire berner malheureusement. » Unique doute pour le jury : l'absence des coassociés du fondateur de Ticatag. « C'est important que tout le monde soit là car le prêt d'honneur est remis à la personne, pas à l'entreprise. »




De 10.000 à 45.000 euros

Le deuxième tour de table est consacré au projet. Pas facile là aussi de se faire une idée précise en un temps si court, malgré l'aide de fiches de synthèses préalablement préparées par Christophe Ginet, animateur de la section 22. Les questions de la stratégie, de la concurrence et du modèle économique sont au coeur des discussions. Certains se posent en avocat, d'autres émettent davantage de doutes... Alors que 10 h approche, Yannick Diveu propose au jury de passer au vote. Le lauréat est susceptible d'obtenir entre 10.000 euros et 45.000 euros. « Je rappelle une nouvelle fois la règle de l'unanimité tout comme l'obligation de trouver un accompagnateur qui suivra le parcours de Yann Mc Garry pour les deux prochaines années. »




Consensus et discussions

Sur les 8 personnes autour de la table, seules 5 membres à jour de cotisation sont autorisés voter. « Les autres sont des observateurs, des conseils qui permettent d'alimenter le débat dans le strict respect de la confidentialité des informations données, notamment économiques. » Si l'unanimité est acquise, tous ne sont pas d'accord sur le montant du prêt d'honneur. 10.000 euros ? 20.000 euros ? 45.000 euros ? Un consensus est trouvé autour de la somme la plus basse. Et Didier Henry, patron de GLM Transit à Plérin, sera son parrain. Il est 10 h 20. Avec quelques minutes de retard, Yannick Diveu clos le débat laissant à Christophe Ginet le soin de prévenir Yann Mc Garry de la bonne nouvelle. « Nous préparons désormais la prochaine session. C'est un boulot bénévole à plein-temps mais tellement exaltant et au service de notre territoire. »




REB 22

Christophe Ginet 06 09 28 15 85

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