« Nous progressons, mais pas assez vite ! » Tel est le constat, lucide, dressé par Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) qui publie un livre blanc à l'adresse des candidats à l'élection présidentielle. « Nous avons besoin de visibilité à long terme, c'est une question de continuité », explique le président du SER. Alors, « ne touchez pas à ce qui a déjà été mis en place ».
La compétitivité nouvelle des énergies marines renouvelables
« Le développement des énergies renouvelables dans le monde est spectaculaire », explique-t-il. De 23% en 2015, la part des énergies renouvelables va passer à 28% en 2021, prédit Jean-Louis Bal. Une progression « portée par la compétitivité nouvelle des énergies marines renouvelables ». « Dans des appels d'offres récents en Europe du Nord, le prix du mégawattheure (MWh) se situait entre 50 et 75 euros », souligne le président du SER. Un coût plus que compétitif en comparaison des 120 euros du mégawattheure annoncés pour le projet d'EPR de Hinckley Point en Grande-Bretagne.
Des projets plus rapides à mettre en œuvre
Reste qu'en France, dans les premiers appels d'offres sur l'éolien en mer (2011/2013), les prix s'établissaient autour de 200 euros par mégawattheure. « Ce sont des programmes qui ont été décidés en 2008 dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, rappelle Jean-Louis Bal, et les premières éoliennes ne tourneront au mieux pas avant 2020. Voilà la principale explication du prix relativement élevé du mégawattheure dans ces appels d'offres ». L'autre facteur de poids, « c'est qu'en Europe du nord les projets sont complètement dérisqués: les études préalables sont faites par l'Etat; les autorisations administratives sont portées par l'Etat ». Dès que le feu vert est donné, les entreprises n'ont plus qu'à lancer le chantier.
Néanmoins, la tendance est à la baisse aujourd'hui et le sera encore plus pour les appels d'offres à venir, estime Jean-Louis Bal. Mais il reste des chantiers importants à mener : « la simplification administrative des dossiers et la programmation des appels d'offres... », suggère le président du SER.