Début octobre, s'est tenu un colloque à la CCI de région qui a pour ambition de faire du Nord - Pas-de-Calais la première région européenne productrice de biométhane injecté. Une logique qui s'inscrit comme un projet de territoire dans le cadre de la Troisième Révolution Industrielle. Une réflexion qui portait sur le devenir des friches minières mais aussi de nouveaux équipements support de l'activité agricole et de l'industrie agroalimentaire.
4 sites existants ou en construction
Parmi les objectifs : d'ici à 2015 la région devra produire et injecter 7,5 millions de m³ de gaz vert, soit l'équivalent en énergie de près de 7.000 logements basse consommation. Parmi les sites existants, le centre de valorisation organique de LMCU Sequedin (4 millions de m³ de biométhane produits et injectés chaque année). C'est sans compter sur la construction de trois autres sites : Le Pré du Loup Énergie à Cucq qui prévoit de produire et injecter 1,1 million de m³ à l'année mais aussi la Sarl Biogaz Pevele, à Wannehain, qui table sur plus d'un million de m³ de biométhane ou encore l'Unité de tri valorisation matières et énergie du Symevad à Hénin-Beaumont avec un objectif à 2,4 millions de m³. Parmi les entreprises déjà présentes sur ce créneau, la SAS Agri Flandres Energie qui dispose d'un contrat avec Bonduelle pour le traitement de ses effluents. 2,2 M€ ont été investis pour leur structure.
Lourdeurs administratives
Jacques Wyckaert, l'un des coassociés, s'insurge contre les lourdeurs administratives : « 2 ans de dossier pour en arriver là, c'est inadmissible ». Rémi Rochard, de l'entreprise Chaumeca, se dit lui aussi prêt à investir dans l'injection. Claude Pruvot, de AES Dana, travaille depuis 10 ans déjà dans le biogaz, mais lui aussi avoue « que ce n'est pas un long fleuve tranquille et qu'il serait bon, pour en inciter d'autres, de sécuriser la prise de risque ». Le temps, c'est aussi la critique qu'en fait Christophe Evrard, d'Agriopale Services : « j'ai retrouvé une première présentation publique datant de 2006, c'est vous dire ! », avant d'ajouter que « le business modèle est meilleur en biométhane qu'en cogénération parce que l'énergie est valorisée à 100 % ». Il a également été mentionné un plan à 1.500 méthaniseurs en région lors de ce colloque. Par ailleurs, Hervé Pignon, directeur régional de l'Ademe, mentionne 800.000 à 1 million d'emplois à créer dans la filière biogaz à horizon 2050. « Nous sommes aujourd'hui à un rythme de 3 à 4 installations par an, mais c'est un chiffre qui pourrait aisément être triplé voire quadruplé dans les années à venir. Une quarantaine de projets sont, en ce moment, à l'étude ». Parmi les acteurs, GrDF s'est engagé à respecter la feuille de route biogaz de l'Ademe. L'idée est de s'inspirer d'autres modèles européens où 177 unités de production de biométhane sont installées contre 8 sur le sol français.
Projet « Méthane Europe »
Dans un plus long terme, la Troisième Révolution Industrielle se fixe comme objectif « d'inverser, en 2050, la courbe de consommation d'énergie et celle de la production d'énergies renouvelables pour faire en sorte que la totalité des besoins énergétiques soit couverte par les énergies renouvelables. L'efficacité énergétique de la région s'en trouvera multipliée par 2, les émissions de CO2 auront été divisées par 4. À cette date, le Nord - Pas-de-Calais sera complètement passé dans l'ère post-carbone ». Une ambition que le président de la CCI de région Nord de France, Philippe Vasseur, a malicieusement qualifié de projet « Méthane Europe ».
INFRASTRUCTURES Le Nord - Pas-de-Calais s'est donné un objectif ambitieux : devenir la première région européenne productrice de biométhane injecté.