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Enéad veut renforcer son capital pour s’imposer sur le marché du refroidissement des datacenters
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Enéad veut renforcer son capital pour s’imposer sur le marché du refroidissement des datacenters

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Enéad a développé des solutions dans le domaine de l’informatique et du numérique. La deeptech mancelle mise notamment sur son process de refroidissement des data centers en immersion cooling. Pour se tenir prête au basculement du marché, prévu autour de 2028, l’entreprise mène actuellement une levée de fonds.

Enéad veut se positionner sur un marché en demande de solutions d’économie d’énergie dans l’industrie du numérique. Ici, un serveur plongé dans un liquide diélectrique avec deux points chauds, lesquels sont refroidis avec une technologie d’injection de microbulles mise au point par la deeptech mancelle — Photo : Enead

Hébergé par Le Mans Innovation, Enéad est en pleine levée de fonds. La start-up espère boucler un tour de table trois millions d’euros d’ici l’automne 2025. "Nous en avons déjà sécurisé la moitié auprès de financiers et industriels de renom", indique, sans vouloir les citer, Jean-Baptiste Bracq, fondateur d’Enéad. "Le but est d’adapter au plus près des besoins des industriels notre concept technologique, afin de le faire sortir du laboratoire", résume le dirigeant de la deeptech mancelle.

La phase de fiabilité

Enéad conçoit des solutions d’économie d’énergie pour l’informatique et le numérique. Son dirigeant place de grands espoirs dans sa technologie innovante de refroidissement liquide par immersion des composants d’un datacenter. L’immersion cooling, plus performant que le refroidissement par air principalement utilisé aujourd’hui, permet aussi d’améliorer l’efficience et la durée de vie des machines. Le marché pour ces solutions est en ébullition.

Attirer les clients dans un marché mondial

Ces trois millions d’euros vont permettre à Enéad de poursuivre ses travaux de recherche et de développement au plus près des clients. Les cibles privilégiées sont les développeurs de data centers, des ETI, des consortiums industriels, voire les Gafam eux-mêmes. "Dans ces technologies, la chaîne de valeur est très complexe, il y a énormément d’acteurs, et de tailles très différentes. Ce qui est sûr, c’est que nous serons immédiatement sur un marché international. Nous devrons donc être prêts", explique Jean-Baptiste Bracq.

Être opérationnel avant 2028

Une seconde levée de fonds est déjà prévue à l’horizon 2027. "Elle sera sans doute quatre à cinq fois supérieure à la levée actuelle et devrait mener à la création d’une vingtaine d’emplois supplémentaires", prévoit le dirigeant d’Enéad — la start-up est actuellement animée par trois personnes à temps plein, auxquels vont s’ajouter des ingénieurs et thésards embauchés en 2026. L’objectif sera de pouvoir industrialiser la technologie "avant le point d’inflexion du marché, qui va se situer autour de 2028", précise Jean-Baptiste Bracq.

L’IA va stimuler les besoins de solutions

Ce basculement va correspondre au déploiement de data centers en immersion cooling corrélé avec le développement accéléré de l’intelligence artificielle. "La consommation énergétique de l’ensemble des datacenters du monde représentera alors la consommation énergétique du Japon. L’IA est un gouffre énergétique dont 40 % de la consommation électrique sera causée par les refroidisseurs", expose Jean-Baptiste Bracq.

Manceau d’origine, Jean-Baptiste Bracq est le fondateur et le dirigeant d’Enéad — Photo : Enead

Un marché multiplié par six en valeur en cinq ans

Avec la création de nouvelles infrastructures numériques, "le marché sur lequel nous nous situons va représenter 6 milliards d’euros en 2030, contre un milliard aujourd’hui", met en exergue le dirigeant sarthois.

Une technologie unique

Enéad a quelques atouts à faire valoir dans cette bataille économique mondiale. "À ce jour, notre technologie est la seule au monde capable de refroidir des systèmes d’une puissance de 700 watts avec seulement 5 watts. Aujourd’hui, les process en immersion peuvent permettre de diviser par trois la consommation énergétique des datacenters, mais de manière limitée : ils ne peuvent pas refroidir les process de plus de 400 watts. Parce que c’est un refroidissement passif. Or, les puces utilisées pour l’IA, et qui concentrent la puissance des systèmes, nécessitent 700 watts", éclaire Jean-Baptiste Bracq.

Une capacité de recyclage d’énergie

Autre atout de l’offre d’Enéad : la possibilité de générer une redistribution de chaleur. "Notre technologie est également la seule à pouvoir récupérer la chaleur fatale à 55 degrés pour pouvoir chauffer des bâtiments mais aussi pour créer de l’électricité", fait valoir Jean-Baptiste Bracq.

Une plus grande diversité de valorisations possibles

À cette température, l’exploitant d’un datacenter peut imaginer de proposer de chauffer des bâtiments du tertiaire mais également des bâtiments d’élevage, d’alimenter des chaudières numériques, de développer de la géothermie, etc.

La production centrée au Mans

Dans sa feuille de route, le dirigeant prévoit d’implanter son entreprise en différents pôles. Alors que la R & D d’Enéad sera en grande partie déployée sur le plateau de Saclay, en Île-de-France, la production industrielle se fera depuis la Sarthe, affirme Jean-Baptiste Bracq. Manceau d’origine, fils de chefs d’entreprises locaux et accompagné par les structures sarthoises, le dirigeant explique vouloir participer à l’économie de son territoire.

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