Pubert a cette sagesse des anciens. Implantée à Chantonnay, l’ETI vendéenne se targue aujourd’hui d’être le premier constructeur mondial de motobineuses, avec 250 salariés (130 à Chantonnay) et un chiffre d’affaires total de 100 millions d’euros. L’entreprise, qui compte plus de 180 bougies, poursuit sa marche en avant avec un nouveau produit, une débroussailleuse baptisée Country Riders. En parallèle du débroussaillage, elle permet aussi de faire du "mulching", soit tondre l’herbe finement et la laisser sur place, sans avoir besoin de la ramasser. Cet outil aura nécessité environ quatre ans de développement.
"Cette poussière d’herbe fait un bon engrais pour le sol. Nous avons déjà vendu 1 000 modèles de cette débroussailleuse en 2025", se réjouit Jean-Pierre Pubert. Il est la sixième génération à la tête du groupe au capital 100 % familial.
Biner sans nuire à la biodiversité
Pour s’adapter aux évolutions du marché, l’entreprise n’en finit pas de faire de nouvelles propositions. L’année dernière, elle a lancé un bioculteur, le Fairtill, capable d’aérer la terre sans nuire aux vers de terre, tout en désherbant. "Les 500 premiers sont partis comme des petits pains. Nous venons de lancer une production de 5 000 bioculteurs", appuie le dirigeant.
"Dans les années 1970, il y avait une quinzaine de constructeurs français de motoculteurs. Aujourd’hui, nous sommes les derniers"
Il faut dire que l’entreprise a l’habitude de se réinventer en suivant les tendances de chaque époque. "Le marché de la motobineuse intéresse de moins en moins les jeunes générations. Pour beaucoup, ces outils tuent les vers de terre, et donc détruisent une biodiversité qui est nécessaire à la fertilité de la terre. De plus, son utilisation crée une semelle sur la terre, qui réduit l’absorption de l’eau", confesse Jean-Pierre Pubert.
Un investissement de 6 millions d’euros
La fabrication de ces deux nouveaux équipements a été anticipée par le groupe il y a trois ans. Ils auront nécessité un agrandissement de 3 000 m², afin d’accueillir de nouvelles lignes de montage, pour un investissement de 6 millions d’euros. "Avec ces deux produits, l’objectif est d’avoir toujours un coup d’avance. Nous consacrons environ 3 % de notre chiffre d’affaires chaque année à la R & D", affiche Jean-Pierre Pubert. "Nous mettrons quelques années à nous faire connaître, mais cela répond aux attentes des générations de demain", analyse Jean-Pierre Pubert.
Innover semble nécessaire, car l’industriel ne peut plus s’appuyer sur le seul marché des motobineuses, qui n’est pas à son paroxysme. "Dans les années 1970, il y avait une quinzaine de constructeurs français de motoculteurs. Nous sommes les derniers", appuie le dirigeant. Plus récemment, la guerre en Ukraine a aussi rebattu les cartes pour l’entreprise, dont la Russie constituait un territoire d’exportation non négligeable.
Des réserves pour les périodes de crise
Malgré tout, Pubert ne panique pas, et garde la vision du temps long. "Nous sommes une entreprise familiale. Lors d’une période faste, l’argent est mis de côté pour l’entreprise, au lieu de créer des fortunes personnelles, philosophe le dirigeant. Ainsi, lors d’une crise, nous sommes suffisamment forts pour ne pas faire appel aux banques ou autres investisseurs, et survivre jusqu’à la prochaine période de croissance".