Depuis 1947, le joli mois de mai s'ouvre gaiement sur la Fête du travail, une commémoration que l'on égaye volontiers d'un brin de muguet. Mais cette année, les festivités ont vite tourné au vinaigre. En cause ? Le travail, justement, sur lequel deux clans s'opposent. D'un côté, le gouvernement qui n'a pas hésité à pousser (consciemment ?) le cynisme jusqu'à l'adoption forcée de la loi El Khomri, via l'article 49-3, seulement une dizaine de jours après la fête des travailleurs. Une loi tellement amendée, au passage, que ni les salariés, ni les dirigeants ne semblaient y trouver leur compte... De l'autre côté, une CGT mobilisée contre cette loi et qui entend bien le faire savoir, provoquant pénurie de carburant dans les stations-service françaises, blocage de centrales nucléaires dont celle de Gravelines, d'accès routiers ou même de quotidiens nationaux... Difficile, à fin mai, de pronostiquer l'issue de cette confrontation. On remarquera tout de même que celle-ci est menée tandis que les chiffres du chômage entament enfin un lent recul. C'est à se demander où sont finalement les vrais enjeux de cette opposition : guerre pour le travail ou guerre d'ego ?
Twitter : @ESoury_Lavergne