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En croissance, Savéol veut augmenter sa production de tomates
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En croissance, Savéol veut augmenter sa production de tomates

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Avec un chiffre d’affaires de 238 millions d’euros en 2024, la coopérative finistérienne Savéol maintient sa trajectoire de croissance et compte bien maintenir ce cap dans les années à venir, en augmentant notamment ses surfaces de production de tomates.

Thierry Gallou (à gauche), directeur de Savéol, et Pierre-Yves Jestin, président de la coopérative finistérienne — Photo : Jean-Marc Le Droff

Produire localement, durablement et à grande échelle. C’est l’ambition de la coopérative finistérienne Savéol, acteur majeur de l’agriculture sous serre en France, qui regroupe 124 maraîchers et maraîchères et représente plus de 2 500 emplois directs. Avec une production de tomates et de fraises s’élevant respectivement à 74 000 et 3 000 tonnes en 2024, Savéol a clôturé 2024 avec un chiffre d’affaires de 238 millions d’euros, en croissance de 1,7 %.

Augmenter les surfaces de production de 10 % d’ici 2030

"Environ 50 % des tomates consommées en France sont importées, et Savéol produit quasiment le quart de la production française", retrace Pierre-Yves Jestin, son président. Face à cette dépendance du marché français aux importations de tomates, la coopérative mise sur une montée en puissance de la production locale et s’est fixé pour objectif d’augmenter de 10 % les surfaces cultivées d’ici 2030, en s’appuyant notamment sur des friches industrielles.

Côté fraises, la coopérative affiche également une belle dynamique avec 3 000 tonnes produites en 2024, soit environ 20 % de l’activité. Et si son produit phare reste la Gariguette, une nouvelle variété baptisée Floriguette vient, cette année, enrichir la gamme pour répondre aux attentes des consommateurs en matière de goût, de texture et de présentation.

Accompagner l’installation des jeunes producteurs

Pour continuer à croître, Savéol mise également sur l’installation de nouveaux producteurs. Ticket moyen pour s’installer : 1,5 million d’euros par hectare. Un montant conséquent face à des banques souvent frileuses en matière de crédit. "C’est un coût important, mais si les compétences sont là et que le projet est viable, il ne faut pas que l’argent soit un frein ! ", insiste Thierry Gallou, le président de la coopérative. Cette dernière a donc mis en place des dispositifs d’accompagnement pour y remédier : prêts longue durée, accompagnement administratif, parrainage, etc. L’objectif est clair : ne laisser aucun projet solide sur le bord de la route, en particulier ceux portés par des jeunes.

Consommation énergétique réduite de 57 % en 15 ans

" La culture sous serre permet de réduire considérablement la surface d’exploitation, ainsi que la consommation d’intrants. Elle nous permet également de produire 90 % de nos tomates sans aucun pesticide, le reste étant traité ponctuellement sans aucun produit chimique de synthèse ", souligne Pierre-Yves Jestin. En adoptant de nouvelles technologies comme la récupération de chaleur, le pilotage informatique de l’irrigation et de l’énergie ou encore recyclage des eaux de drainage, Savéol a par ailleurs réduit de 57 % sa consommation énergétique ces quinze dernières années. " Aujourd’hui, produire localement, c’est aussi produire plus propre. Notre empreinte carbone est bien inférieure à celle des produits importés, notamment en hiver ", déclare le président. Certaines installations de Savéol explorent même des synergies innovantes avec d’autres secteurs. " On pourrait très bien imaginer une serre adossée à un data center ou à une tour de séchage de lait pour récupérer la chaleur perdue et la réinjecter dans nos cultures. C’est déjà en réflexion chez nous ", conclut-il.

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