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En croissance, la filière bois cherche des bras
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En croissance, la filière bois cherche des bras

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Boostée par les politiques environnementales et les commandes publiques, la filière bois, qui représente un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards d’euros, manque de bras. Si le principal débouché du bois breton est l’emballage, la présence majoritaire de feuillus freine son utilisation dans la construction.

La filière bois en Bretagne compte 3 000 entreprises, de la sylviculture à la transformation — Photo : Fibois Bretagne

La conjoncture est contrastée pour Fibois, la filière bois, qui représente 350 membres en Bretagne et qui a organisé en fin d’année 2024 une rencontre des acteurs et professionnels à Saint-Brieuc. La 4e édition de cet événement intitulé Forum de l’arbre, de la forêt et du bois, a été l’occasion de faire le point, pour ce secteur d’activité qui représente en Bretagne 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, 3 000 entreprises et 23 600 salariés (en 2023).

Le bois, un puits de carbone

D’un côté, les politiques gouvernementales continuent de promouvoir le bois comme matériel de construction, via le label RE2020 qui impose trois fois plus de bois dans les constructions ; et comme source d’énergie, à travers le programme pluriannuel de l’énergie qui prévoit une utilisation du bois en combustible énergétique doublée. Des politiques incitatives, doublées d’aides nationales et régionales aux plantations, qui boostent le secteur. "La filière est un élément essentiel pour atteindre la neutralité carbone, explique Jérôme Dancoisne, directeur général adjoint de l’Ademe. Le bois est un puits de carbone et il se substitue à des produits très carbonés, comme le béton, le gaz ou le fioul."

23 600 salariés

Cependant, ces incitations se heurtent à plusieurs obstacles. Le premier est la difficulté de trouver des salariés pour travailler dans l’une des 128 000 exploitations forestières bretonnes, souvent de petites surfaces, limitant les investissements, mais aussi les 70 scieries bretonnes, les menuiseries… La filière prévoyait ainsi de recruter entre 4 300 et 5 200 collaborateurs en 2024 en Bretagne. Les métiers les plus touchés par les difficultés de recrutement concernent l’amont et la première transformation, avec 63 % des embauches jugées difficiles en 2023.

"L’emploi et l’attractivité peuvent être un frein. Nous avons besoin de main-d’œuvre, de la sylviculture à la transformation", concède ainsi Olivier Ferron, délégué régional de Fibois. Pour y remédier, la Région, qui était représentée par l’élue Carole le Bechec, travaille avec Fibois et muscle son offre de formation, aujourd’hui au nombre de 74.

Deux tiers des nouvelles plantations en résineux

L’autre frein de la filière bois bretonne est la prépondérance des feuillus, qui représentent 78 % des espèces dans la région. La plus grosse utilisation du bois breton concerne l’emballage, sachant que 10 % de la production nationale des palettes et cagettes est bretonne, devant le bois énergie et le bois destiné à la construction. En effet, le feuillu est plus difficilement exploitable pour la construction car il est difficile de produire du bois droit. La filière encourage donc les professionnels à adapter leur outil, par exemple dans la production de contreplaqué par déroulage.

La forêt bretonne, qui représente 16 % des surfaces sur le territoire contre une moyenne nationale de 30 %, s’accroît de 1 % par an, principalement en feuillu. Mais deux tiers des nouvelles plantations sont réalisées en résineux. "Il faudra 40 ans pour les exploiter, le temps industriel n’est pas le même que celui de la forêt", précise Denis Pistiaux, président de Fibois.

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