"2025 ne présente pas un schéma de récession en France, mais une croissance molle, qui s’accélérerait en 2026 et 2027." C’est avec ces premiers mots qu’Hervé Mattéi, directeur régional de la Banque de France en Bretagne pour encore quelques jours, a présenté les perspectives à venir dans le monde économique. "Le reflux de l’inflation devrait se poursuivre", a-t-il ajouté. D’après l’enquête annuelle organisée par l’institution auprès d’un millier de dirigeants d’entreprises, l’année 2024 a été celle du repli et de la prudence dans bien des secteurs.
L’industrie repart, tirée par l’électronique et la défense
Dans l’industrie, après un léger recul du chiffre d’affaires en 2024 (-0,1 %), les chefs d’entreprise estiment un rebond pour 2025, à + 3,3 %, avec des effectifs stables. "C’est en réalité assez stable dans l’industrie en 2024, à part dans l’automobile et la construction navale, qui ont plongé (-12,4 %)", précise Florent Saint-Cast, responsable régional des affaires économiques de la Banque de France.
L’agroalimentaire, lui, s’est bien maintenu, grâce à l’export. "La R & D et les investissements réalisés en 2024 vont permettre des commercialisations en 2025, entraînant une hausse de chiffre d’affaires", ajoute Florent Saint-Cast. Les chefs d’entreprise comptent d’ailleurs augmenter leurs projets d’investissements en 2025 de + 28,8 %, "mais surtout dans les TPE, tempère le responsable des affaires économiques. En valeur, le taux de croissance de ces investissements s’annonce plus faible."
Quant à la rentabilité, les entreprises ont retrouvé de meilleures marges (23 % ont connu une hausse) et la tendance devrait se poursuivre en 2025. "L’activité repart dans tous les secteurs, surtout tirée par l’électronique, liée à la défense, et le transport".
Des recrutements à venir dans les services
Le chiffre d’affaires des entreprises de services marchands (hors hôtellerie-restauration) s’annonce lui aussi en très légère hausse en 2025. "Les entreprises qui travaillent avec le secteur de la construction, en difficulté, ont vu leur activité ralentir à cause de la crise", précise Charlotte François, responsable régionale adjointe promotion et services à l’économie. Les secteurs de la communication et des transports ont, eux, augmenté (respectivement + 2 % et + 2,4 %) à cause des augmentations sur les prix de vente de leurs services. "La communication, qui n’avait pas recruté en 2024, envisage d’embaucher de nouveau (+ 3,1 %), tout comme les activités scientifiques et techniques (+ 3,5 %)", ajoute Charlotte François. L’incertitude sur la trésorerie persiste. Seuls 27 % des dirigeants entrevoient une hausse de leur rentabilité.
Recul dans la construction mais maintien des effectifs
Enfin, dans le secteur de la construction (bâtiment et travaux publics), la production est en léger recul sur 2024 (-0,8 %), à cause notamment d’une baisse des prix des devis. Toutefois, on constate une légère augmentation des effectifs. "Ce qui a tiré le secteur ce sont les travaux publics avec + 1,2 %, souligne Hervé Mattéi. Cela est dû notamment à de gros chantiers en cours comme la ligne de tramway à Brest et l’installation de réseaux de fibre." Alors que le gros œuvre recule, le second œuvre, lui, se maintient. Pour 2025, les entreprises sont quand même 15,6 % à prévoir une hausse des carnets de commandes et 53,8 % une stabilité. Globalement, le recul dans la construction devrait se poursuivre, mais de manière modérée (-1 %), avec des effectifs stables.