Dans quelle conjoncture Maison Cadiou a-t-elle évolué en 2024 ?
Nous sommes dans un contexte plus complexe lié aux difficultés du marché immobilier. Maison Cadiou est impacté par la loi Zan (zéro artificialisation nette, NDLR) : il n’y a plus de lotissements qui sortent de terre dans les villages et en périphérie des grandes villes, ce qui représentait une partie de notre chiffre d’affaires. Les plans locaux d’urbanisme favorisent désormais les appartements en R + 2 ou R + 3. Pour ces immeubles, nous avons lancé une gamme de garde-corps spécifique pour répondre aux appels d’offres en neuf comme en rénovation. Et le contexte géopolitique n’est pas favorable à notre clientèle de propriétaires plus âgés qui souhaitent se faire plaisir en réalisant leur aménagement extérieur et investir dans leur patrimoine immobilier. Or, pour nous, il faut qu’il y ait de l’énergie, du mouvement dans le bâtiment.
Quel a été le chiffre d’affaires 2024 ?
Notre chiffre d’affaires a stagné, à 110 millions d’euros, mais il reste élevé. Il était de 62 millions d’euros, par exemple, en 2020. Avant le Covid, qui a généré une croissance incroyable pour nous.
Quels seront vos relais de croissance à l’avenir ?
Comme toujours dans notre histoire, ils passeront par des investissements et de l’innovation. Cette année, nous avons investi 5 millions d’euros dans une extension de bâtiment (le site de l’entreprise, à Locronan, s’étend sur 30 000 m² couverts, NDLR) et un transtockeur (dispositif automatisé de stockage, NDLR) pour stocker nos barres d’aluminium à l’abri, ce qui permet d’éviter les protections plastiques. Ce qui est bon pour l’environnement. C’est la même conviction écologiste qui nous a fait basculer en 2022 du PVC à l’aluminium, qui est recyclable à l’infini. Cet investissement a également servi à l’achat d’un robot d’usinage.
Avez-vous d’autres investissements prévus en 2025 ?
Nous allons également réhabiliter un bâtiment près de Bordeaux, qui est en cours d’acquisition. Ce sera notre quatrième plateforme logistique. Nous allons y investir en tout près d’1 million d’euros. 80 % de notre production consiste en du sur-mesure, nous avons également des produits standards que nous produisons et stockons en anticipation du retour des beaux jours qui correspondent à une augmentation de la demande. Notre objectif est toujours de nous rapprocher de nos clients professionnels pour leur garantir la meilleure qualité de services. Nous envisageons également d’ouvrir de petites filiales pour stocker et réparer les produits dans les pays où nous exportons déjà : l’Espagne, le Portugal et l’Angleterre.
Et qu’en est-il côté innovation ?
Les évolutions du marché nous donnent l’envie de nous réinventer, d’innover et de chercher de nouveaux marchés. Nous lançons une gamme de portails avec une ossature aluminium mais un habillage en bois. Nous l’avons présentée l’année dernière et allons étoffer la gamme. Nous pourrions aménager l’un de nos bâtiments pour le bois car c’est un matériau qui nécessite des aspirations et des machines spécifiques. Nous nous dirigeons aussi vers le monde de la protection solaire, avec des pergolas dotées de brise-soleil mais aussi des coursives diminuant la température dans les maisons. Nous allons faire des carports équipés de prise de recharge et de panneaux photovoltaïques. On s’intéresse aussi aux délimitations de terrain.