Signe du retour des beaux jours? L'enquête annuelle ?besoins de main-d'oeuvre? de Pôle Emploi Alsace peut laisser rêveur. L'organisation a ainsi détecté pas moins de 41.900 ?projets de recrutements? auprès des presque 12.000 entreprises et établissements publics de la région qui ont répondu. Mais ce chiffre est à relativiser. D'abord parce que l'on parle bien de ?projets? et non pas d'intentions fermes, ensuite parce qu'un tiers correspond à des besoins liés à une activité saisonnière. La profonde évolution de la méthodologie de cette enquête, qui a abouti à la codification de 200 métiers contre 100 l'an dernier, interdit de plus toute comparaison par rapport à 2009. Il n'en reste pas moins que cette enquête est un baromètre qui s'inscrit comme un outil destiné à contribuer à la «recherche d'offres d'emploi, un axe fort de Pôle Emploi», explique Pierre-Yves Leclercq, qui en est le directeur pour l'Alsace.
63% des projets émanent de petites entreprises
Il en ressort donc qu'un établissement alsacien sur cinq se dit prêt à embaucher, notamment parmi les plus grandes entreprises. Mais 63% des projets émanent d'entreprises allant jusqu'à 19 salariés. Le secteur de l'agriculture est très représenté dans ces projets d'offres, ce qui explique aussi le fort taux d'emplois saisonniers. «Le secteur de la santé humaine et de l'action sociale est également très dynamique, avec 5.661 projets identifiés», souligne Carole Wandler, responsable études et statistiques au sein de Pôle Emploi Alsace. Sans surprise, les entreprises du secteur de la construction évoquent des difficultés de recrutements (pour 54% d'entre elles), suivies de celles des services (41%), pour une moyenne globale de 37,5%. Le manque d'expérience ou de motivation des candidats est le plus souvent montré du doigt par les entreprises interrogées. «En ce début de 2010, le résultat de cette enquête apparaît comme une bonne surprise», admet Pierre-Yves Leclerc, «signe que le moral des chefs d'entreprises revient». Il en veut pour preuve le taux d'intention d'embauche en CDI, autour de 55%, ou celui de créations de postes, à 45%. Le responsable n'en tire toutefois pas de conclusion hâtive. «Nous sommes aujourd'hui dans une stabilisation du chômage. Cela va mieux, mais cela ne veut pas dire que cela va bien», conclut-il. En mars, le nombre de demandeurs d'emplois de catégorie A reculait tout de même de 2% en Alsace, à 75.804.
L'enquête annuelle sur les besoins de main-d'oeuvre de la région, pilotée par Pôle Emploi, met en lumière pas moins de 42.000 projets de recrutements.