En Rhône-Alpes, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi atteignait 243.310 fin septembre. Soit une hausse de 30,8% sur un an. Ce qui est bien supérieur au niveau national qui s'établit à environ 25%. «Cela s'explique par le fait que la crise que nous subissons est avant tout industrielle, et que Rhône-Alpes est très industrialisée, analyse simplement Patrick Lescure, directeur régional Pôle emploi Rhône-Alpes. L'Ain, la Haute-Savoie et la Loire sont ainsi plus touchés que le Rhône et l'Isère, où les activités sont plus diversifiées. À l'inverse, la Drôme et l'Ardèche, même s'ils avaient, avant la crise, des taux de chômage plus élevés que les autres départements, sont moins touchés.» Par ricochet, les secteurs liés à l'industrie souffrent le plus, tandis que les travaux publics, grâce notamment au plan de relance, mais aussi les services à la personne, l'hôtellerie-restauration, les activités de conseil et l'informatique continuent de recruter. Néanmoins, les indicateurs se stabilisent légèrement. «En septembre, nous avons presque atteint 40.000recrutements, ce qui est un niveau proche de la normale. On n'avait pas vu cela depuis un an. C'est un signe encourageant, note-t-il. Mais c'est une reprise encore très fragile, sur un mois, qui doit se vérifier dans le temps.» La préparation de la saison touristique hivernale pourrait redonner un coup de fouet à l'emploi. L'emploi saisonnier représente en effet 30% de l'emploi en Rhône-Alpes.
Garder les compétences
Par ailleurs, les entreprises rhônalpines utilisent beaucoup le chômage partiel. «Les chefs d'entreprise ne baissent pas les bras. Ils essaient de garder leur personnel», observe Patrick Lescure. Seuls 10% des nouveaux inscrits au Pôle emploi Rhône-Alpes sont issus d'un licenciement économique. Plus de 60% des motifs d'inscription sont dus à la fin d'un contrat à durée déterminée ou d'une mission d'intérim. C'est pourquoi l'Agefos PME Rhône-Alpes a mis en place un plan anti-crise. L'idée est de «profiter de cette période creuse pour développer les compétences des salariés, explique Serge Geri, directeur d'Agefos PME Rhône-Alpes. Former plutôt que licencier. Beaucoup de salariés de premier niveau de qualification ne maîtrisent pas les connaissances de base, comme lire et écrire.» Et plus largement, tous les salariés peuvent être concernés, grâce à d'autres dispositifs de formation, comme le Dif.
Après une année très difficile sur le front de l'emploi,la reprise pointe bien timidement le bout de son nez.