Emploi : Les femmes plus exposées à la précarité professionnelle
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Emploi : Les femmes plus exposées à la précarité professionnelle

Une étude de l'Insee Haute-Normandie confirme l'aggravation de la précarité professionnelle des femmes dans la région, crise oblige. Si 66% des femmes Haut-Normandes de 15 à 64 ans sont actives, seules 57% sont réellement en emploi (contre 68% des hommes). Tel est le premier constat dressé par l'Insee. Un chiffre qui place la région largement en deçà des objectifs de la stratégie de Lisbonne qui prévoyait pour 2010 un taux d'emploi des femmes de 60%. Des femmes qui subissent plus que les hommes le travail à temps partiel -75% des postes à temps partiel et seulement 33% des CDI à temps complet sont occupés par des femmes notamment dans la tranche 25/54 ans où elles sont 27% à occuper un emploi à temps partiel contre seulement 3% des hommes. Et la situation se dégrade à compter du deuxième enfant, note l'Insee: Le temps partiel monte en flèche chez les femmes en couple et le chômage suit la même courbe pour les familles monoparentales. Des familles qui vivent pour 33% d'entre elles sous le seuil de pauvreté (contre 31% au plan national) et dont la femme est dans 66% des cas le chef de famille, soit quelque 33.400 familles dans la région. L'étude confirme également la concentration des femmes dans certains métiers (90% des personnels de services aux particuliers, 80% des employés de commerce...) ainsi qu'une propension à occuper des emplois sous-qualifiés au regard de leurs diplômes (40% des Bac+3 occupent un poste de niveau Bac à Bac+2). Côté salaire, là aussi les inégalités persistent dans une forme «de discrimination inconsciente», explique la Déléguée régionale aux droits des femmes Marion Perrier qui évoque «un écart de salaire à l'embauche de l'ordre de 10% que l'on n'explique pas!» La solution? «Il faut continuer à les qualifier dans les métiers où elles sont moins attendues» et faire passer le message auprès des plus jeunes «qu'il n'existe pas des métiers pour les filles et d'autres pour les garçons», insiste Marion Perrier. «Ce sera le premier pas vers un début d'égalité!»



G.D.

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