Ce jeudi 12 mars, le président Macron a exceptionnellement délocalisé un Conseil de politique nucléaire - le cinquième depuis 2022 - sur le site de la centrale nucléaire de Penly, au nord de la Seine-Maritime, où les travaux préparatoires liés aux deux EPR2 ont déjà démarré.
Le nucléaire, "une force pour la France"
Avant le Conseil de politique nucléaire, l’instance de l’État qui définit les grandes orientations de la politique nucléaire nationale, le président de la République a loué, dans un discours tenu au milieu des salariés travaillant dans la centrale, les mérites de la politique de relance du nucléaire français, présenté comme "une force pour la France". "On a l’année dernière surproduit de l’électricité dans notre pays, on a exporté 90 térawattheures. Il n’y a pas un équivalent en Europe", s’est enthousiasmé Emmanuel Macron. Rappelant que 70 % de l’électricité de l’Hexagone est produite par le nucléaire, le chef de l’État estime que l’atome offre "l’énergie la plus décarbonée, pilotable et compétitive de France".
Des décisions attendues d’ici à la fin de l’année
Le Conseil de politique nucléaire, réactivé par le Président de la République après le discours de Belfort du 10 février 2022 sur la politique énergétique de la France, relance le programme de "Nouveau nucléaire". Celui-ci consiste en la mise en place de six réacteurs (trois paires de réacteurs EPR2 de dernière génération à Penly en Seine-Maritime, à Gravelines dans le Nord et au Bugey dans l’Ain), dont il est prévu que la décision finale d’investissement intervienne d’ici la fin de l'année. Mais aussi en un programme éventuel qui devra également être décidé d’ici la fin de l’année pour une prolongation de 4 EPR supplémentaires.
Ce cinquième Conseil de politique nucléaire rassemble l’ensemble des administrations, des ministres qui sont compétents sur le sujet du nucléaire ainsi que les principaux acteurs concernés, donc en premier lieu, évidemment EDF et Orano. Plusieurs points ont été débattus : les trois premières paires de réacteurs EPR2, dont EDF avance un coût de 72,8 milliards d’euros. Un point d’étape a aussi été réalisé sur la feuille de route concernant la fermeture du cycle, désignant la capacité à pouvoir se passer à terme de l’importation d’uranium naturel et recycler l’uranium pour pouvoir produire des nouveaux combustibles à réutiliser dans les réacteurs.
Un autre point a été effectué sur le programme "Aval du futur" d’Orano à La Hague (Manche) comprenant la rénovation des capacités des usines de retraitement des combustibles nucléaires. Enfin, le Conseil est revenu sur le sujet des futurs "petits" réacteurs nucléaires modulaires de deuxième génération, en vue d’attribuer des aides complémentaires sur les projets les plus prometteurs.
Un contexte international tendu
Ce cinquième Conseil intervient dans un contexte énergétique international tendu, avec la forte hausse des prix du baril de pétrole avec la crise au Moyen-Orient. Des événements qui confirment les orientations définies lors du discours de Belfort, sur le besoin de réduire nos consommations et notamment celles d’origine fossile et importées, pour augmenter notre indépendance énergétique au profit notamment de l’électrification auxquelles contribue de façon majoritaire le nucléaire.
Une mise en service du premier EPR2 de Penly en 2038
En Normandie, les travaux préparatoires sur Penly ont déjà commencé depuis début 2026, mobilisant un effectif de 1 100 personnes, sans concerner toutefois la partie nucléaire : il s’agit de l’extension de la digue, une plateforme pour la logistique chantier, les ouvrages de rejet. Ensuite, le "premier béton nucléaire", c’est-à-dire les travaux qui concernent le niveau central des matières nucléaires est prévu à l’horizon 2029 pour une mise en service prévue en 2038.