Mercredi 8 février 2023 : un incendie ravage les installations d’ECP (60 salariés, CA prévisionnel 2025 : 9,5 M€), société montpelliéraine experte du nettoyage de précision pour divers secteurs industriels (automobile, aéronautique, médical, etc.). Avec le soutien de ses associés, banques et assurances, elle se donne les moyens de continuer à court terme en triplant l’activité jusqu’alors assurée par son établissement de Moirans (Isère). "Cette décision nous a permis de réduire de 90 à 60 % la perte de nos capacités industrielles", raconte Régis Roux, président d’ECP.
Un nouveau projet industriel
Au vu des circonstances, le projet — un temps envisagé- d’étendre l’usine de Montpellier n’a plus lieu d’être. À la place, ECP choisit de bâtir un nouveau site industriel dans la ville voisine de Vendargues (Hérault). L’investissement, qui se monte à 16 millions d’euros, porte sur la construction de deux bâtiments de 2 400 m2 et 850 m2 et le renouvellement du parc machines. Équipée en salles blanches, l’usine permet à ECP d’appliquer ses procédés de nettoyage et de conditionnement aux pièces (plastiques, métaux, verre) fournies par ses clients, avec un niveau de propreté conforme aux exigences réglementaires.
Des procédés plus efficients
"La plupart des nouveaux équipements sont traversants : on entre en zone sale et on ressort en zone propre pour protéger l’objet traité. Les process sont les mêmes, mais plus efficients qu’avant 2023", précise Régis Roux. Ce dernier rajoute que le site de Vendargues est désormais opérationnel, même si ECP réceptionnera et installera ses derniers équipements de décontamination d’ici la fin 2025. Pour accompagner la reprise d’activité, la PME se remet aussi à recruter : les deux usines vont passer de 2 à 3 équipes par site, chacune étant formée de 5 à 15 salariés selon la charge de travail.
Un modèle plus équilibré
L’épreuve traversée par ECP lui a aussi fourni l’occasion de repenser son organisation. "Jusqu’au sinistre, ECP était une entreprise unitaire avec un satellite à Moirans (Isère). Or l’expérience montre que garder toutes nos machines au même endroit est un facteur de risque. Désormais, les deux établissements de production ont vocation à avoir la même taille", justifie le dirigeant. Ainsi, le site isérois était passé, dès les semaines suivant l’incendie, de 10 à 30 salariés, tandis que la surface équipée en salles blanches avait bondi de 100 à 520 m2 (sur 1 700 m2 au total). L’investissement en cours va permettre de connecter ces salles blanches entre elles, "pour plus de fluidité", ainsi que d’installer de nouvelles machines d’ici la fin d’année, là encore.
Un redémarrage bien engagé
Tous ces efforts semblent déjà payer pour ECP. L’entreprise a conservé un portefeuille de 200 clients, et voit arriver de nouveaux acteurs tels que les gigafactories de la mobilité électrique. Elle pense retrouver 90 % de son niveau d’activité pré-incendie en 2025, et le dépasser en 2026. "Sur le premier semestre 2025, nous avons rédigé autant de devis que sur notre exercice 2022, notre dernière année normale", se réjouit Régis Roux, confiant dans les perspectives commerciales à venir au regard des demandes d’audit et des sollicitations qui, selon lui, affluent.