C'est une PME nantaise née d'un double rêve: entreprendre et être utile aux autres. Le rêveur en question s'appelle Pascal Frémin-Bésombes, ?PFB? pour les intimes. Un jeune P-dg pétri d'ambition. Sur le site web d'Ecosys, on peut lire: «Modestement, notre entreprise s'évertue à vouloir changer le monde.» Avec pour méthode, le recyclage des déchets verts.
L'idée germe à la fin des années 80
Contrairement aux apparences, ?PFB? ne se définit ni comme un utopiste, ni comme un écolo, la barbe en pendentif. Ce qui le travaille depuis toujours, c'est l'obsession de transmettre un héritage, doublée du constat que l'homme prend trop de risques avec la planète. Pour le reste, l'entrepreneur affiche un certain pragmatisme. «Dès le lycée, j'ai eu dans l'idée de créer ma propre entreprise. À la sortie, j'ai suivi le parcours de l'école de commerce de Nantes pour m'en donner les moyens.» L'idée de lancer Ecosys germe à la fin des années 1980. Le ?green? est alors en pleine ascension. Après quelques recherches, le futur créateur découvre un secteur d'activité encore en friche: celui du recyclage et de la valorisation du bois et des déchets végétaux: tontes, élagages, feuilles... «À l'époque, les déchetteries ouvraient tout juste leurs portes et servaient de centres de collecte pour les déchets verts. Mais en réalité personne ne savait que faire de ces déchets encombrants.» Ni l'enfouissement ni l'incinération, génératrice de dioxines, n'étaient vraiment acceptables. Personne ne se préoccupait non plus de valoriser les vieilles branches. Valoriser: c'est sur ce point que se joue le pari de Pascal Frémin-Bésombes. En fin stratège, il anticipe la tendance du marché: à terme, estime-t-il, le recyclage sera très concurrentiel. Pour survivre, il faudra donc miser sur la valorisation. En clair, réinjecter des produits en fin de vie dans le circuit commercial. Cette idée correspond à sa philosophie. «On ne peut pas toujours tout jeter. Pour moi, le recyclage n'a de sens que si les produits sont par la suite remis sur le marché. Et puis, en fabriquant du compost, nous ne faisons qu'accélérer le processus naturel de formation de l'humus.» Le modèle économique est arrêté: Ecosys imitera... la nature.
15 à 25 € la tonne de déchets revendue
Quelques années de développement plus tard, la PME compte pour clients des collectivités, mais aussi des paysagistes et des industriels du bois. Coût de la tonne de déchets revendue? Entre 15 et 25euros. À l'autre bout de la chaîne, les particuliers et jardiniers plébiscitent le compost des familles, tandis que les collectivités et les industriels rachètent du paillage ou du combustible propre pour leurs chaudières. «En moyenne, nous traitons chaque année un flux d'unmillion de tonnes de déchets. 600.000 tonnes de déchets entrants et 400.000 tonnes de déchets valorisés sortants», détaille le P-dg.
Coquet budget formation
Ecosys est aujourd'hui une affaire qui tourne. Pourtant, à écouter son patron, gagner de l'argent n'est pas une fin en soi. Juste le moyen de continuer à travailler ensemble et agir sur le monde. En matière de ressources humaines, Ecosys n'a rien à envier aux grands groupes. L'entreprise prévoit chaque année un coquet budget formation pour ses équipes. «Cette politique se traduit notamment par la formation d'ouvriers à la lecture et l'écriture. Aussi étonnant que cela puisse paraître, nous avons de la demande.» Cela se traduit aussi par la prise en charge partielle, puis intégrale, du coût de la mutuelle. «Un choix personnel.» Pascal Frémin-Bésombes le clame bien haut: une entreprise est performante si et seulement si ses salariés sont épanouis.
Ecosys
Date de création: 1993
Siège: Nantes
Effectif: 100
CA 2010: 13M€
www.ecosys.fr