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Économie sociale et solidaire : En quête de reconnaissance
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Économie sociale et solidaire : En quête de reconnaissance

L'économie sociale et solidaire se structure en Finistère. Une toute jeune association brestoise fédère depuis la fin mars les initiatives afin de rendre lisible un secteur qui en Bretagne emploie 133.000 salariés. Pour remédier à la méconnaissance des élus, du grand public et du monde économique, un colloque ESS aura lieu au Quartz à Brest les 28 et 29mai.

ESS et économie classique, pouvons-nous travailler ensemble? La question alimente de part et d'autre les conversations. Elle fera donc tout naturellement l'objet d'une table ronde lors du premier colloque de l'économie sociale et solidaire qui se tiendra au Quartz à Brest les 28 et 29mai prochain. La manifestation à l'initiative de Brest métropole Océane, de la Chambre régionale de l'économie sociale et de l'Ades (voir ci contre), vise à sensibiliser le grand public, et surtout les élus à l'ESS, un secteur économique à part entière en Bretagne.




Tradition coopérative

Associations, mutuelles, coopératives et fondations représentent 133.000 salariés et 12.000 établissements soit 13,5% des effectifs salariés (contre 9,8% au plan national), selon l'Insee. La tradition coopérative dans les domaines agricoles et maritimes n'est pas étrangère à la sur représentation de l'ESS et surtout des coopératives en Bretagne. Pour valoriser cette économie qui revendique une absence de rémunération du capital, la Région a décidé de s'appuyer sur la CRES pour accompagner la création de "pôles de l'économie sociale et solidaire" dans chacun des pays bretons. Ils se verront allouer un budget annuel de l'ordre de 30.000euros. À Brest, c'est l'Ades (voir ci-contre) qui porte le projet. «Le Pays de Morlaix est aussi très dynamique et se structure», rappelle Yannick Bigouin, chargé de mission de la CRES en Finistère. Ces regroupements sont relativement ouverts à l'économie dite classique. Même entre les deux, les préjugés sont encore vivaces.




Méfiance réciproque

«Les deux mondes s'ignorent», estime pour sa part Nathalie Mouhaou, adhérente du Centre des jeunes dirigeants à Vannes et auteur d'un rapport national sur l'ESS publié en 2006. Pour Nolwenn Yven, membre du même réseau à Brest rien n'est tout noir ou tout blanc. «Il y a une méfiance réciproque or il faudrait valoriser nos points de convergences. Beaucoup d'entreprises de l'économie classique mettent aussi l'humain au coeur de leur projet.». Des entreprises traditionnelles développent leur intéressement et leur participation quand des Scop sont parfaitement capables de parler business. Sur le statut fiscal des structures relevant de l'ESS (exonération partielle d'IS et de TP), qui dérange parfois l'économie classique sur les marchés concurrentiels, Nathalie Mouhaou est plus réservée. «Attention à ne pas créer de distorsions de concurrence. C'est un point qu'il faudrait creuser afin d'aboutir à des propositions concrètes.» Réponse de Nolwenn Yven, créatrice d'une Scop et présidente de l'association de développement de l'économie sociale et solidaire du Pays de Brest: «On a aussi des obligations en contrepartie comme faire valider nos statuts tous les ans par le réseau des Scop»,




Programme du colloque: www.eco-sol-brest.net; 02.98.33.53.12.

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