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Earthwake transforme les déchets plastiques en carburant
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Earthwake transforme les déchets plastiques en carburant

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Recycler du plastique en carburant, ce n’est pas une idée folle mais une réalité grâce à la Chrysalis, une machine mise au point et développée par la jeune entreprise Earthwake, cofondée par l’acteur Samuel Le Bihan et François Danel. Déjà à l’essai pour alimenter des camions poubelles dans les Alpes-Maritimes, la machine est en phase de certification et prête à être industrialisée.

La Chrysalis peut transformer 300 kg de déchets plastiques en 250 litres de carburant — Photo : @brunsky61

Les créateurs

François Danel dirigeait l’ONG Action contre la Faim quand il a rencontré le comédien Samuel Le Bihan. "Lors de nos missions, au-delà des situations humanitaires difficiles, explique-t-il, on constatait la montée en puissance des déchets plastiques dans des pays comme Haïti, le Mali, le Niger, l’Afghanistan ou la Somalie. Il y avait du plastique partout. Nous avons alors décidé de relever ce défi en nous disant qu’il fallait donner de la valeur à ces déchets, pour être sûr qu’ils soient collectés et qu’ils ne finissent plus dans les océans."

Earthwake a été cofondée par le comédien Samuel le Bihan (2e à droite) et François Danel, ex-directeur d’Action contre la Faim (3e à droite). Christofer Costes (2e à gauche) a inventé la technologie sur laquelle se base la Chrysalis — Photo : @brunsky61

C’était en 2015. Devenus amis, les deux hommes sont devenus associés. Au gré de leurs réseaux, ils rencontrent Cristofer Costes, inventeur sur les hauteurs de Nice, qui travaillait à ce qui allait être la Chrysalis. Comme par magie, mais surtout avec beaucoup de travail, de détermination et de R & D, cette machine transforme les plastiques en carburant.

Le concept

Avec le soutien d’abord du département des Alpes-Maritimes, l’équipe (12 salariés) et la technologie ont grandi. "Sur notre site de Jonquières dans le Vaucluse, nous avons aujourd’hui une machine à taille réelle, logée dans quatre containers, ce qui sera plus facile à transporter dans les pays émergents, un de nos marchés à venir", précise François Danel. Grâce à son système de pyrolyse, ce modèle, le V300, est capable de transformer, en huit heures, 300 kg de déchets plastiques, du polyéthylène et du polypropylène (films de palettes, d’emballages de bananes…), en 250 litres de diesel. Non pas en théorie, mais bien en pratique puisque ce carburant est utilisé depuis plusieurs mois déjà par les camions poubelles de la commune azuréenne de Puget-Théniers.

Les perspectives

"Aujourd’hui, nous sommes juste avant l’industrialisation, en phase de certification pour que la Chrysalis soit conforme aux règles européennes. Cela va nous prendre encore six mois." En attendant, l’entreprise a déjà des précommandes aux Antilles et à la Réunion, et reçoit des marques d’intérêt du monde entier (Vietnam, Afrique) ou, plus près, de collectivités locales du Vaucluse ou du Lot-et-Garonne. "C’est accessible pour une collectivité moyenne. Il faut compter 600 000 à 700 000 euros pour un équipement complet. Les communautés de communes sont confrontées au problème de gestion des déchets et de l’explosion des prix de l’énergie. Notre solution fait coup double."

La Chrysalis est logée dans des containers, voués à parcourir le monde pour le nettoyer de ses plastiques polluants — Photo : @brunsky61

De grandes entreprises aussi sont intéressées qui veulent lancer des actions concrètes dans leur politique RSE. C’est le cas de SBM Offshore à Monaco, un des partenaires d’Earthwake. "Nous travaillons aussi beaucoup avec CMA CGM qui est entré à notre capital. Nous avons des projets en Outremer ou sur le port de Marseille."
Le marché est immense et la problématique urgente. "Notre vision est évidemment d’avoir des centaines, des milliers de Chrysalis dans le monde pour contribuer à réduire les déchets plastiques et surtout les arrêter sur terre avant qu’ils ne finissent en mer, notamment dans les pays en développement." Earthwake vise les 40 à 45 millions d’euros d’ici 2027, avec une quarantaine de machines opérationnelles. D’ici là, pour continuer d’alimenter sa R & D, elle recherche des financements complémentaires auprès de partenaires bancaires.

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