Earl Saint-Nicolas : Tomates et méthanisation font bon ménage
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Earl Saint-Nicolas : Tomates et méthanisation font bon ménage

cultures Une serre de 15.000 m² s'est montée, près de la Gacilly. 850 T de tomates y mûrissent. Yannick Bernard a investi 2,4 M?. Cette initiative est aussi collaborative. Les serres sont chauffées en partie grâce à la méthanisation mise en place par deux agriculteurs.

Bien à l'abri sous 1,42 hectare de serres, les premières tomates de Saint-Nicolas du Tertre ne connaissent pas les frimas de l'hiver. Ce projet de tomates made in Morbihan est né dans la tête de trois hommes, amoureux de la terre mais aussi et surtout entrepreneurs dans l'âme.

Diversification pour les agriculteurs
Le plus jeune, Yannick Bernard, à la tête des serres, était alors technicien grandes cultures. « Je voulais m'installer et avoir des serres. Fraises ou tomates, j'hésitais ». Il y a cinq ans, sa rencontre avec les deux agriculteurs, qu'il suivait pour les cultures, fait coïncider les deux projets. « Ils sont associés et ont des laitières avec une production de 1,6 million de litres de lait chaque année. Avec la fin des quotas laitiers, ils cherchaient à se diversifier et ils ont pensé à la méthanisation ». Un projet à 1,8 millions d'euros et un objectif pour les deux agriculteurs : revendre l'électricité à EDF et utiliser à bon escient la chaleur produite par les moteurs. Les tomates en ayant besoin, l'équation était en passe d'être résolue.

850 T de tomates à l'année
Yannick Bernard a investi 2,4 millions d'euros pour ses serres. Il détient 80 % des parts de la société quand les deux agriculteurs possèdent les 20 % restants. « La première énergie que j'utilise pour chauffer est le bois ; la méthanisation couvre 25 % de mes besoins ». 16.000 plants produits dans le Finistère ont ainsi poussé sous serres. La production a débuté en février et s'est poursuivie jusqu'en novembre. Pour la commercialisation de sa production, Yannick Bernard a choisi d'être adhérent de Solarenn (l'ancien groupement des maraîchers rennais). 850 tonnes de tomates seront vendues chaque année dans le réseau Solarenn. 70 % de la production se retrouve ensuite en GMS, chez des grossistes et une partie part même à l'export. De son côté, l'entreprise pratique aussi la vente directe. 2 à 3 T sont commercialisées par ce canal. Aujourd'hui, la société compte 12 salariés en équivalent temps plein : « 7 sont en CDI et 5 en CDD. En saison, nous pouvons monter jusqu'à 15 personnes. »

Des bourdons pour polliniser
En optant pour l'utilisation d'énergies renouvelables : bois et méthanisation, le dirigeant a donné une orientation développement durable à sa société. Il va plus loin en utilisant des bourdons pour la pollinisation de ses plants. « Nous travaillons également en protection biologique intégrée. Des insectes sont implantés dans les plants et ils neutralisent les possibles ravageurs. »

Doublement des serres
L'infrastructure de l'Earl Saint-Nicolas est amenée à évoluer. Établie sur près d'1,5 hectares, elle est configurée pour 3 hectares au total. « Mon objectif est de doubler d'ici à cinq ans. Le retour sur investissement pour le projet se situe entre douze et quinze ans », poursuit Yannick Bernard. Pour ses débuts, le dirigeant table sur 750.000 euros de chiffre d'affaires prévisionnel en misant sur un prix moyen payé au producteur de 1? le kilo ; le point d'équilibre bas se situant à 0,86 ?/kilo.

Ségolène Mahias

Earl Saint-Nicolas
(Saint-Nicolas du Tertre) Dirigeant : Yannick Bernard 12 équivalents temps plein 750.000 ? de CA prévisionnel

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