E2v a annoncé un plan de restructuration qui prévoit la suppression de 221 postes à Saint-Égrève. Les explications de Philippe Prat-Fourcade, directeur des ressources humaines.
En quoi consiste le projet de restructuration d'E2v?
Nous prévoyons un plan de restructuration avec la suppression de 221postes sur le site de Saint-Égrève, qui compte 462 salariés. La moitié du personnel environ est donc concernée. Ce projet de plan reste bien entendu à discuter avec les partenaires sociaux. Mais il devrait s'effectuer d'ici le premier trimestre 2010.
Quelles sont les raisons de cette décision?
Le projet de réorganisation fait suite à la baisse très importante de notre chiffre d'affaires. Celui-ci s'établissait à 118M€ il y a encore trois ans, contre 103M€ l'an dernier. Nos projections sur l'exercice en cours ne sont guère encourageantes puisque nous prévoyons de clôturer en mars sur un chiffre compris entre 65 et 85M€. Ce qui constitue une perte de chiffre d'affaires de l'ordre de 50%.
Vous êtes pourtant positionnés sur des niches?
Nous avons quand même des parts de marché sur des segments où nous vendions de gros volumes, comme les asics (sorte de circuits intégrés spéciaux) pour le marché de l'automobile et des produits destinés à l'imagerie dentaire et médicale. Ce secteur a connu de grosses concentrations, la pression sur les prix a été très forte et nous n'avons pas été assez compétitifs.
Sur quels marchés va se concentrer le site de Saint-Égrève?
Le site va se repositionner sur des marchés à la croissance certes plus faible mais plus durable. Comme les marchés de la défense, aéronautique, aérospatial, des caméras professionnelles et de l'observation industrielle. Dans ces domaines, E2v possède davantage de compétences pour être compétitive: le site a une capacité de recherche, d'assemblage et de tests. Dans le même temps, la sortie graduelle de certains marchés (comme l'automobile) va forcément reconfigurer le site de Saint-Égrève.
Quelle a été la portée de vos discussions avec les collectivités locales?
Nous sommes bien entendu toujours en relation avec la préfecture et les collectivités locales qui nous expriment leurs craintes quant à l'avenir du site. Nous les avons rassurés en affirmant que notre plan ne prévoit pas de délocalisation ou de fermeture du site à terme.
Des réactions sur les manifestations de vos salariés?
Nous comprenons les craintes des salariés. Nous nous battons néanmoins pour la survie de ce site. Il faut travailler à l'accompagnement des salariés qui seront touchés par le plan pour qu'ils se repositionnent, et créer des opportunités en local.
Les sites anglais du groupe sont également touchés?
Il y a déjà eu des mesures de réductions des coûts en Angleterre. Environ 200 emplois sont actuellement menacés sur le site de Lincoln tandis que le siège de Chelmsford a déjà subi une restructuration.