Le groupe coopératif Terrena (4,7 milliards d'euros de CA ; 12.159 salariés ; 22.000 adhérents en 2014), accompagné du groupe Avril au titre d'actionnaire minoritaire à travers Sofiprotéol, sa filiale de finacement, ont annoncé la signature d'un accord d'exclusivité avec D&P Participations, filiale de la holding de la famille Calmels, en vue du rachat de sa participation majoritaire dans le groupe Doux.
D & P Participations sort, mais quid des autres actionnaires ?
Doux est en effet actuellement détenu à 52,5 % par D&P Participations ainsi que par Almunajem (25 %), l'un des plus gros clients saoudiens du groupe finistérien. La famille Doux, elle, a conservé 22,5 % du capital. La holding D&P intervient en tant qu'actionnaire dans des sociétés en développement ou confrontées à des situations complexes. D&P gère ainsi plus de 200 millions d'euros à travers ses fonds d'investissement souscrits auprès d'institutionnels français ainsi que de plus de soixante-dix entrepreneurs, et prend des participations en direct dans des entreprises telles que le groupe Doux, dont elle est actionnaire majoritaire depuis 2013. « À l'issue de l'opération, Terrena, accompagné de Sofiprotéol en tant qu'actionnaire minoritaire, détiendrait la majorité du capital du groupe Doux aux côtés des actionnaires de référence actuels », indiquent les trois partenaires dans un communiqué commun. Selon nos informations, le Saoudien Almunajem ne compterait pas bouger, mais la famille Doux, elle, n'aurait pas encore arrêté son choix de façon définitive. « Par ce projet, les partenaires entendent tirer parti d'un marché de la volaille en croissance porté par une consommation mondiale dynamique, et contribuer à la consolidation d'une filière volaille compétitive à l'export et créatrice de valeur pour les éleveurs français », poursuit le communiqué.
« Nous étions là pour faire la transition »
Une sortie de D & P annoncée de longue date par Didier Calmels, président du Conseil de Surveillance de Doux, dont il était venu au secours après le dépôt de bilan du groupe finistérien en 2012. « C'était prévu depuis notre arrivée : nous étions là pour effectuer la restructuration et faire la transition », a-t-il ainsi déclaré après avoir annoncé la nouvelle aux salariés et aux syndicats. « Il est temps pour nous de passer la main à des gens dont le métier est de développer une entreprise telle que Doux. Nous avons traversé des moments difficiles : arrêt des restitutions européennes, baisse du dollar, inflation au Brésil... L'arrivée d'Almunajem a permis de rééquilibrer le marché, et nous sommes désormais largement bénéficiaires », a poursuivi celui qui, dès son arrivée dans le groupe en 2012, s'est employé à effacer une dette de 430 M?, - aujourd'hui réduite à 89 millions d'euros étalés sur 10 ans -, et qui devrait atteindre les 80 millions d'euros d'ici la fin de l'année. Une remise à flot qui ne s'est pas faite sans casse : « Il a fallu restructurer le pôle frais, qui perdait tout de même 40M? par an, et la suppression d'un peu plus d'un millier de postes aura été le choix le plus douloureux dans ce dossier », a poursuivi Didier Calmels.
« Pas de nouvelle restructuration à l'horizon »
« Aujourd'hui, Doux emploie 2.300 salariés (dont un peu plus de 1.700 en CDI, NDLR), sans compter les éleveurs qui nous fournissent et représentent plusieurs milliers d'emplois. Je pense qu'ils sont aujourd'hui sauvés et, je l'espère, de façon définitive. Le chiffre d'affaires est quant à lui parti pour augmenter encore au cours des prochaines semaines », ajoute le financier. Mais se faire racheter par des géants tels que Terrena ou Sofiprotéol ne risque-t-il pas d'engendrer des doublons dans la chaîne de valeur, et donc de nouvelles restructurations ? « Non, car il s'agit d'activités totalement complémentaires : Terrena est sur le marché français, tandis que Doux est sur l'export », rassure Martin Calmels, fils de Didier Calmels et membre du directoire de Doux. Côté calendrier, le dossier de reprise devrait faire une première avancée marquante début juillet, après la consultation du Comité Central d'Entreprise de Doux. Il devra ensuite être validé par le tribunal de commerce et l'Autorité de la concurrence. Troisième acteur français de la volaille, le groupe de Châteaulin, sorti de son redressement judiciaire fin 2013, est aujourd'hui présent sur deux marchés principaux : le grand export de volaille, notamment vers le Moyen-Orient, et les produits élaborés, principalement sous la marque Père Dodu. Doux vise un chiffre d'affaires de l'ordre de 530 millions d'euros pour 2015, avec une croissance prévisionnelle des volumes de 8 à 10 %.
Groupe Doux
(Châteaulin) Dirigeants : Arnaud Marion et Didier Calmels 2.317 salariés CA : 457 M€ en 2014 Tél. ; 02 98 86 69 00