Ils ne se connaissaient pas il y encore dix-huit mois mais leurs destins sont désormais intimement liés. «Ils», ce sont Jean-Paul Roumagnac et Nicolas Roumagnac. Homonymes mais sans lien de parenté connu - « Quoique. Nous avons commencé des recherches généalogiques pour en avoir le coeur net!»-, les deux hommes nourrissent aujourd'hui une même ambition: se faire une place sur les tables toulousaines. Rentré en France fin 2009, après avoir travaillé en Espagne comme directeur export dans l'industrie, Nicolas Roumagnac veut à l'époque prendre le temps de la réflexion. Sa rencontre avec Jean-Paul Roumagnac va en décider autrement... «Passionné par l'univers du vin, je connaissais ce domaine du Frontonnais depuis longtemps puisqu'il est à 10km de chez moi et j'avais pris l'habitude d'en acheter en fin d'année. Tout le monde n'a pas la chance de servir à Noël un vin avec son nom sur la bouteille !», s'amuse le trentenaire.
Six mois de réflexion
Un jour où le propriétaire du domaine est plus enclin au bavardage, il le questionne sur son mode de distribution. «Quand il m'a appris qu'il vendait 600 hectolitres ? donc la quasi totalité de la production des 15ha- à un négociant indépendant et que le peu de vin vendu en bouteille (7.000 unités) n'était pas conditionné sur place, une idée m'est tout de suite venue : monter un projet de commercialisation en direct depuis le domaine.» D'une nature prudente, il faudra presque six mois au viticulteur pour se lancer dans cette association inédite, où l'un assure la production, l'autre la commercialisation. «On travaille tout autant l'un avec l'autre que l'un pour l'autre», résument-ils de concert. En mai 2010 débute un travail de fond sur la gamme proposée sous AOP Fronton. Les rouges s'enrichissent d'une gamme Premium (Ô Grand R) et un deuxième rosé, baptisé «Salsa», est créé. «Ce qui n'a pas changé, c'est que nous vendangeons, vinifions et élevons toujours nos vins nous-mêmes, dans notre propre chai. Mais désormais, nous nous occupons en plus de l'embouteillage, du stockage et de la vente», détaille Nicolas Roumagnac. D'où la nécessite d'investir dans l'achat de trois nouvelles cuves et bientôt dans la transformation d'un bâtiment en zone de stockage.
L'humilité du nouvel acteur
En parallèle, Nicolas Roumagnac a dû mettre en place toute l'identité visuelle du domaine et la décliner sur différents outils de marketing. Un préalable indispensable à la démarche qu'il mène depuis ce début d'année auprès des cafés, hôtels et restaurants toulousains. «En tant que nouvel acteur, je fais preuve d'humilité. Le Domaine Roumagnac ne va pas apparaître du jour au lendemain sur toutes les tables de la région mais il y a sa place, au même titre que d'autres vins de Fronton. De par son cépage principal- la Négrette-, ce vignoble a la réputation de produire des vins trop racés; nous voulons faire en sorte qu'il retrouve ses lettres de noblesse et soit reconnu comme un vin gourmand et fruité.» À l'actif du bilan de cette première année de partenariat, le Domaine Roumagnac affiche déjà 40.000 bouteilles commercialisées et un référencement sur près d'une trentaine de tables toulousaines.
Domaine Roumagnac
Tél. : 06 80 95 34 08 www.domaineroumagnac.fr