Pour la première fois en 2025, la start-up Spliiit affiche un Ebitda positif, s’élevant à 650 000 euros, porté par un chiffre d’affaires de 2,45 millions d’euros, en hausse de 80 % par rapport à l’exercice précédent. Développant une plateforme de partage d’abonnements, l’Aubois a dépassé les 1,66 million de membres en Europe, revendiquant un total de près de 25 millions d’euros économisés grâce à la souscription d’abonnements groupés à des plateformes de vidéos à la demande, de musique, d’éducation, de jeux, de cybersécurité ou encore de presse. Au total, Spliiit (28 salariés) propose aujourd’hui environ 350 services partageables. Titulaire d’un agrément bancaire, Spliiit propose aux utilisateurs de souscrire à un abonnement partagé, en passant par sa plateforme. Des coabonnements qui sont négociés directement en partenariat par Spliiit avec les éditeurs de services, ou qui sont déjà proposés par les plateformes en question. D’un côté, les utilisateurs économisent sur le prix de leurs abonnements, quand les éditeurs de services gagnent en visibilité et en nombre d’utilisateurs.
Une offre actuellement accessible dans 19 pays de la zone euro. "Être rentables nous a permis d’investir en publicité dans de nouveaux pays, et d’y enregistrer une grosse croissance", décrit Jonathan Lalinec, fondateur et dirigeant de Spliiit. Dès 2026, Spliiit espère ensuite franchir une marche supplémentaire, en investissant des marchés hors zone euro. Et atteindre les 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires la même année, pour un Ebitda de 1,5 million d’euros.
La Pologne, la Roumanie et la Suède
Pour Spliiit, la prochaine étape sera d’entrer sur les marchés polonais, roumains et suédois. Parmi les pays dans lesquels l’entreprise est déjà présente, la France occupe la première place, avec près de 35 % des clients. Elle est suivie de l’Espagne, l’Italie et le Portugal. Puis d’autres relais d’expansion comme la Belgique, la Grèce, l’Allemagne et la Slovaquie. "Il s’agit d’un business très facile à dupliquer : il n’y a pas de logistique. Le travail le plus important, c’est de traduire et de référencer, en ajoutant les titres de presse propres à chaque pays", décrit Jonathan Lalinec. Pour s’adapter aux monnaies de chaque pays, l’entreprise explique travailler avec un partenaire bancaire lui ouvrant des comptes dans chaque pays.
À ce stade, Spliiit n’envisage pas encore un développement aux États-Unis. "Si ça arrive, ce sera avec nos moyens propres. Or pour l’instant, cela demande beaucoup plus de ressources que ce que nous avons", poursuit le dirigeant. La start-up précise ne pas prévoir de levée de fonds.
Un lancement sous format mobile
Actuellement disponible sous la forme d’un site internet, Spliiit lance son application mobile, accessible sur Apple et Android dans tous les pays où l’entreprise est présente. Cette dernière a été mise en ligne à l’automne 2025. "D’ici un an, nous pensons que 90 % de nos clients utiliseront Spliiit par cette application", estime Jonathan Lalinec.
Une diversification sur l’IA et les banques
"Plus nous avons d’entrées, plus nous sommes forts dans un pays. Ce sont les plateformes, comme Netflix ou encore les titres de presse, avec qui nous nouons des partenariats qui nous portent", lance le dirigeant. Pour accompagner sa croissance, Spliiit ouvre sa plateforme à de nouveaux usages. L’entreprise intègre depuis peu de nouvelles catégories de produits comme les outils d’intelligence artificielle, avec des solutions comme le traducteur Immersive Translate, l’assistant Jace, l’outil de rédaction Copy.ai ou encore le pack Google One AI Premium.
La start-up se lance également sur le secteur des banques. L’offre Revolut Duo, qui permet de partager un abonnement bancaire, est déjà disponible en Italie, en Autriche, en Croatie et en Lettonie. "Ce sont des comptes totalement indépendants, qui permettent à Revolut d’attirer plus de clients", précise le dirigeant. Le forfait en question permet aux deux utilisateurs d’accéder à des avantages premium tout en gardant leurs comptes séparés et en ne souscrivant qu’à un seul abonnement.
Pour autant, Spliiit rencontre encore parfois des freins. Si certaines plateformes nouent volontiers des partenariats avec l’entreprise, d’autres refusent. "Par exemple, Spotify demande à localiser les personnes qui partagent un abonnement, pour vérifier qu’elles habitent à la même adresse", note Jonathan Lalinec, qui dénonce des "méthodes abusives".